L’ambassadeur américain à l’ONU à New York Mike Waltz, en visite à Genève, ne répond pas directement à ceux qui veulent que la Suisse héberge le Conseil de sécurité. Il faut «réexaminer» la présence dans «les villes les plus chères», les a-t-il mis en garde mercredi.
L'ambassadeur américain à l'ONU à New York Mike Waltz a peu goûté sans le dire clairement l'appétit de certains pour faire venir de New York à Genève certains organes de l'ONU.
sda
Keystone-SDA
11.02.2026, 19:43
ATS
Dans la Genève internationale, des voix estiment que l’ONU à New York n’est plus universelle depuis le refus de visas infligé à certains dirigeants lors de la dernière réunion de haut niveau de l'Assemblée générale. Elles proposent que la Suisse lance une campagne pour accueillir le Conseil de sécurité et celle-ci.
Le président Donald Trump estime qu"«'il y a un lieu où chacun peut parler»», a affirmé M. Waltz à quelques journalistes. «Evidemment ce lieu sera toujours New York», dit-il.
Il ne promet pas un changement sur les visas, notamment à l'égard du président palestinien Mahmoud Abbas, parlant d'«exceptions». Et il ajoute que Genève est bien dotée avec des dizaines d'agences onusiennes. Avec les nouvelles technologies, «la présence physique des employés est moins pertinente», selon lui.
«Nous allons rester engagés» à l'ONU, malgré les coupes américaines sur les questions humanitaires et d'autres agences de l'organisation, insiste l'ancien conseiller à la sécurité nationale. Il est venu passer ce message à des entités comme l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), l'Union internationale des télécommunications (UIT), l'Organisation internationale pour les migrations ou encore le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR).
Paiements attendus prochainement
En raison des restrictions américaines et d'autres pays, certaines de ces agences ont biffé des milliers d'emplois dans le monde. Entre 15'000 et 20'000 au total dont environ 3500 à Genève.
Mais M. Waltz répète que Washington souhaite davantage d'efficacité. Et il rétorque aux critiques que les Etats-Unis viennent de promettre deux milliards de dollars au Bureau des affaires humanitaires de l'ONU, «davantage que n'importe qui d'autre».
Aucun autre pays n'a multiplié par quatre son enveloppe à l'ONU en environ 25 ans, selon lui. Et de demander si la paix et la sécurité dans le monde ont avancé dans les mêmes proportions.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a récemment affirmé que l'organisation était «au bord de l'effondrement financier» si les contributions ne rentrent pas. M. Waltz a répété que les arriérés seraient payés prochainement. Washington est responsable pour près de la totalité des montants dus par des membres pour le budget ordinaire, soit 2,1 milliards de dollars. Auxquels s'ajoute environ le même montant pour les opérations de maintien de la paix.
CICR salué sur Gaza
M. Waltz, qui sera encore à Genève jeudi, a prévu plusieurs rencontres au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), notamment avec la présidente Mirjana Spoljaric. Il salue les efforts de cette organisation dans le cadre de la libération des otages israéliens de la bande de Gaza.
Il répète aussi que le Conseil de la paix lancé par Donald Trump n'est pas prévu pour «remplacer» mais «compléter» l'ONU. Ce mécanisme controversé rassemble plusieurs institutions, mais le locataire de la Maison Blanche aurait une sorte de droit de veto sur les décisions.
Plus largement, l'ambassadeur américain laisse penser que les tensions avec les Européens ne sont pas très importantes. «Parfois, nous avons des discussions difficiles», admet-il. Il estime que l'administration de Donald Trump a fait changer l'OTAN et a fait passer la guerre en Ukraine des bombardements aux pourparlers. Même si ceux-ci n'ont abouti à aucune avancée.