Arménie – Azerbaïdjan

Percée diplomatique sur le Nagorny Karabakh

ATS

10.10.2020 - 04:04

Un cessez-le-feu doit entrer en vigueur samedi à 12h00 dans le Nagorny Karabakh.
Source: KEYSTONE/EPA/AREG BALAYAN / ARMENIAN FOREIGN MINISTRY / HANDOUT

L'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont accordés sur un cessez-le-feu à partir de samedi à midi dans la région séparatiste du Nagorny Karabakh, en proie aux combats, a annoncé la diplomatie russe. Les deux pays se sont aussi entendus pour entamer des pourparlers.

«Un cessez-le-feu est annoncé à partir de 12h00 le 10 octobre 2020 dans des buts humanitaires», a indiqué le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lisant un communiqué à l'issue des pourparlers qui ont eu lieu à Moscou. On ignorait dans l'immédiat s'il s'agissait de midi à Moscou (11h00 en Suisse) ou à Stepanakert (10h00 en Suisse).

M. Lavrov a affirmé que le cessez-le-feu permettrait «d'échanger des prisonniers de guerre, d'autres personnes et les corps des tués avec la médiation et en accord avec les critères du Comité de la Croix-Rouge».

L'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont également engagés «à des négociations substantielles pour parvenir rapidement à un règlement pacifique» du conflit avec la médiation des co-présidents du groupe de Minsk de l'OSCE, a précisé M. Lavrov.

Coprésidé par la Russie, les Etats-Unis et la France, le groupe de Minsk de l'OSCE est depuis le milieu des années 1990 le principal médiateur international dans ce conflit. Les «paramètres spécifiques» de la mise en oeuvre du cessez-le-feu seront convenus ultérieurement, a ajouté Sergueï Lavrov.

Combats pendant les négociations

Ces négociations entre les ministres des affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais, à Moscou, ont duré plus de 10 heures et sont terminées très tard dans la nuit de vendredi à samedi. Il s'agissait du premier espoir sérieux pour mettre fin aux affrontements meurtriers qui opposent depuis le 27 septembre des séparatistes arméniens de la république autoproclamée du Nagorny Karabakh, soutenus par Erevan, et les forces azerbaïdjanaises.

Jusqu'à présent, les deux parties étaient restées sourdes aux appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu.

Pendant les négociations à Moscou, un porte-parole de l'armée arménienne a affirmé que des combats avaient continué le long de la ligne de front. Vendredi, de nouvelles salves de roquettes et de nouvelles explosions ont ainsi été entendues à Stepanakert, la capitale séparatiste, par un journaliste de l'AFP sur place.

Dans son discours télévisé avant les pourparlers à Moscou, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev avait annoncé la prise de la ville d'Hadrout, dans le sud du Nagorny Karabakh, et de huit villages environnants. Ces informations ont été qualifiées de «délire» par un porte-parole de la présidence des séparatistes.

Des centaines de morts

L'Azerbaïdjan se dit déterminé à reconquérir par les armes le Nagorny Karabakh, une région séparatiste essentiellement peuplée d'Arméniens. Il soutient que seul un retrait des troupes ennemies mettrait fin aux combats.

Une première guerre entre 1988 et 1994 y avait fait 30'000 morts et des centaines de milliers de réfugiés. Le front est depuis resté figé, malgré des heurts récurrents.

Depuis la reprise des affrontements il y a 13 jours, le bilan officiel est monté à plus de 400 morts, dont 22 civils arméniens et 31 azerbaïdjanais. Il est cependant très partiel et pourrait être bien plus élevé, chaque camp affirmant avoir éliminé des milliers de soldats ennemis. Bakou ne révèle pas ses pertes militaires.

Les affrontements se sont étendus ces derniers jours avec des bombardements sur les zones urbaines des deux côtés. Selon les autorités séparatistes, la moitié des 140'000 habitants du Nagorny Karabakh ont déjà été déplacés par ces affrontements.

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ATS