Présidentielle en France: les deux prétendants à l'investiture de la droite

ATS

3.12.2021 - 05:00

L'une peaufine son image de «bosseuse» méthodique, l'autre trace son sillon d'élu enraciné dans sa région, inflexible sur les questions d'immigration et de sécurité: entre Valérie Pécresse et Eric Ciotti, les adhérents de la droite française choisissent leur champion.

Valérie Pécresse lors d'une cérémonie à l'Arc de Triomphe à Paris le 11 novembre 2021
Valérie Pécresse, 54 ans, issue de la droite sociale et libérale qui s'est longtemps réclamée du défunt président Jacques Chirac, a été ministre sous son successeur Nicolas Sarkozy avant d'être élue en 2015 à la tête de la région parisienne.
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3.12.2021 - 05:00

Le deuxième tour commence ce vendredi matin et se terminera samedi à 14h00. Là aussi, les résultats seront annoncés à 14h30 lors d'une conférence de presse.

Le député des Alpes-Maritimes (Sud) et la présidente de la région parisienne sont arrivés respectivement premier et deuxième du premier tour de la primaire des Républicains (LR), devançant l'ex-négociateur européen du Brexit Michel Barnier, et le président de la région Hauts-de-France (Nord), Xavier Bertrand, pourtant longtemps considérés comme favoris, ainsi que le médecin Philippe Juvin, loin derrière.

Je suis la seule à pouvoir battre Emmanuel Macron», a affirmé Mme Pécresse lors d'une déclaration en présence de MM. Bertrand et Juvin, se présentant comme «une femme qui gagne et qui fait». Mais M. Ciotti s'est lui aussi dit «le seul à pouvoir battre Macron», estimant que «seule une droite forte qui s'assume» aurait une chance face au président sortant.

La droite républicaine «n'a jamais eu de candidate femme, c'est un tabou à briser», a encore affirmé sur CNews Mme Pécresse, qui a également reçu le soutien de M.Barnier.

Valérie Pécresse, 54 ans, issue de la droite sociale et libérale qui s'est longtemps réclamée du défunt président Jacques Chirac, a été ministre sous son successeur Nicolas Sarkozy avant d'être élue en 2015 à la tête de la région parisienne.

Discours libéral durci

Cette habituée du tableau d'honneur (bachelière à 16 ans, diplômée des plus prestigieuses grandes écoles) accuse le président Emmanuel Macron d'avoir dilapidé les fonds publics, notamment pendant la crise sanitaire.

En 2019, après des élections européennes catastrophiques, Valérie Pécresse quitte un parti dont elle dénonçait la droitisation, s'attirant des soupçons de possible ralliement à Emmanuel Macron.

Revenue parmi les LR pour cette primaire, elle entend y faire triompher une ligne libérale sur l'économie et a durci ces dernières années son discours sur les questions régaliennes. Mme Pécresse veut ainsi rendre plus difficile l'accès à la nationalité et aux allocations, et envisage de «faire intervenir l'armée» dans ce qu'elle qualifie de «zones de non-droit».

A droite toute

En face, Eric Ciotti, 56 ans, affirme «se battre pour que la France reste la France». Il prône «une rupture beaucoup plus forte et plus audacieuse» que ses concurrents, libérale sur l'économie et particulièrement dure sur les questions régaliennes.

Dans ce domaine, celui qui ne s'"excuse pas d'être de droite» ne recule pas devant les propositions choc: préférence nationale sur l'emploi et le logement, retour au droit du sang, ou encore «Guantanamo à la française» pour les détenus islamistes les plus dangereux.

Il est allé jusqu'à déclarer qu'en cas de second tour entre M. Macron et le polémiste d'extrême droite Eric Zemmour, il voterait pour ce dernier. Mais il affirme que seul un candidat des LR pourra battre le président sortant. Eric Ciotti est également un fervent partisan de la baisse de la dépense publique et d'un désendettement.

Cet homme au physique austère, crâne dégarni et lunettes studieuses né à Nice (Sud), est longtemps resté dans l'ombre de Christian Estrosi, l'actuel maire de la ville, dont il a été l'éminence grise jusqu'à leur rupture en 2017.

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