Présidentielle française

Présidentielle: ralliements et guerre des nerfs à droite

ATS

22.1.2022 - 21:56

Les ralliements à droite sont à l'ordre du jour de la campagne présidentielle samedi. Valérie Pécresse (LR) s'est vue adoubée par deux petits partis centristes, tandis qu'Eric Zemmour (Reconquête) a chipé de nouveaux soutiens à Marine Le Pen (RN), attisant leur lutte sans merci.

ATS

22.1.2022 - 21:56

Valerie Pecresse, Conservative party Les Republicains candidate for the French presidential election 2022 speaks during a press conference at her campaign headquarters in Paris, France, Saturday, Jan. 8, 2022. The first round of the 2022 French presidential election will be held on April 10, 2022 and the second round on April 24, 2022. (AP Photo/Adrienne Surprenant)
Valérie Pécresse, candidate à la présidentielle. 
KEYSTONE/AP Photo/Adrienne Surprenant

A gauche, Anne Hidalgo (PS), éprouvée par les mauvais sondages et le feuilleton des primaires, a promis lors de son troisième grand meeting, à Aubervilliers près de Paris, de ne pas «se résigner devant la difficulté».

Tandis que le monde politique spécule sur la date de sa déclaration de candidature, Emmanuel Macron continue de faire la course en tête dans les sondages.

Le président sortant obtiendrait 25% au premier tour si celui-ci avait lieu dimanche, devant Valérie Pécresse (LR) et Marine Le Pen (RN) à égalité à 15,5%, selon une enquête Ipsos-Sopra Steria samedi.

Au second tour, le quasi-candidat l'emporterait avec 54% des voix face à Mme Pécresse (46%), et 57% contre Mme Le Pen (43%).

Eric Zemmour (Reconquête), donné à 13% au premier tour, fait campagne samedi à Cannes (Alpes-Maritimes), sur des terres qui lui sont a priori favorables.

Il a déambulé pendant deux heures sans incident dans la ville, entouré d'une cohue de supporters.

«On trinque au rassemblement du peuple de droite qui a été artificiellement divisé depuis 40 ans. On va le rassembler, et justement je suis là pour ça», a lancé l'ex-éditorialiste d'extrême droite dans un café. C'est autour de ce thème qu'il a du reste articulé son discours en soirée.

Collard avec Zemmour

En fin de journée, il a réuni près de 4000 personnes dans un meeting où il a affiché sa dernière prise, le médiatique eurodéputé RN Gilbert Collard.

Le camp Le Pen affecte pour l'instant de prendre de haut ce nouveau ralliement d'un responsable RN, après ceux de l'eurodéputé Jérôme Rivière et de l'ancien identitaire Damien Rieu.

Le maire RN de Perpignan Louis Aliot, l'un des vice-présidents du parti, a ainsi fustigé sur Twitter «les égos (qui) surchauffent et les trahisons». De nombreux élus et militants RN postent aussi des photos de Marine Le Pen avec le mot-dièse #fidelite.

Pécresse équilibre ses ailes

Samedi nettement plus serein pour la candidate des Républicains Valérie Pécresse, qui met en scène le soutien de son aile centriste, après avoir consolidé son côté droit la veille en affichant ses retrouvailles avec Laurent Wauquiez.

«Mon projet est de droite, il est de rupture, mais il est 100% compatible avec vos valeurs», a assuré la candidate LR devant le petit parti Les Centristes, dont le président Hervé Morin fait déjà partie de son équipe de campagne.

La candidate LR s'est ensuite rendue au Conseil national de l'UDI. Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, l'a appelée vendredi à «réunir la droite et le centre et aller chercher les électeurs qui votent Macron».

«Dans vos rêves!»

Plombée par les sondages – 3,5% des intentions de vote pour Ipsos-Sopra Steria -, la socialiste Anne Hidalgo a adopté un ton offensif pour rallier les énergies du bon millier de personnes qui sont venues l'écouter en Seine-Saint-Denis, le même chiffre qu'à ses deux meetings précédents, à Lille et Perpignan.

«Dans vos rêves!» C'est par ces mots que la maire de Paris a vertement répondu aux «prophètes de malheur» qui voudraient qu'elle «se résigne devant la difficulté» de la campagne du PS.

«Ils s'y sont tous mis, pour nous écarter (...) et siffler la fin du match avant même le coup d'envoi», a-t-elle dénoncé, ciblant «le choeur vindicatif des conservateurs», mais aussi, dans un reproche voilé contre le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon, «une partie de la gauche qui prétend combattre la droite mais rêve surtout de la disparition de la social-démocratie».

Mme Hidalgo a répété une nouvelle fois vendredi qu'elle ne tiendrait «aucun compte» du résultat de la primaire populaire, une initiative citoyenne visant à départager les candidats de gauche, qui doit dévoiler dimanche soir le nombre définitif de personnes inscrites pour y voter, du 27 au 30 janvier. Ils revendiquaient déjà vendredi soir 352'000 inscrits.

ATS