DiplomatieCe qu'il faut retenir de la déclaration des dirigeants du G20
ATS
22.11.2025 - 21:00
Voici les principaux points à retenir de la déclaration des dirigeants du G20 réunis samedi en sommet à Johannesburg:
(De gauche à droite) : le président turc Recep Tayyip Erdogan, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, le vice-président indonésien Gibran Rakabuming Raka, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, le président du Conseil européen Antonio Costa, le Premier ministre chinois Li Qiang, le Premier ministre australien Anthony Albanese, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, le président angolais et président de l'Union africaine Joao Lourenco, le Premier ministre canadien Mark Carney, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre indien Narendra Modi, le président sud-coréen Lee Jae Myung, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le ministre des Affaires étrangères saoudien, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, se tiennent par la main alors qu'ils posent pour une photo de famille lors du sommet des dirigeants du G20 au Nasrec Expo Centre de Johannesburg, en Afrique du Sud, le 22 novembre 2025. Les dirigeants mondiaux se réunissent en Afrique du Sud, pays hôte du sommet des dirigeants du G20 les 22 et 23 novembre 2025, pour discuter de l'économie mondiale, du développement et du financement. EPA/GIANLUIGI GUERCIA / POOL
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22.11.2025, 21:00
ATS
Minerais stratégiques
Les restrictions imposées par Pékin sur ses exportations de terres rares ont mis en lumière la dépendance de nombreux pays envers ces matières premières et d'autres minerais dits stratégiques: ils sont indispensables à la transition énergétique, dans les batteries des voitures électriques ou les éoliennes, mais aussi pour de nombreux produits électroniques, à commencer par les puces qui font fonctionner l'intelligence artificielle.
A l'heure où nombre de pays redoublent d'effort pour sécuriser leur approvisionnement, les dirigeants du G20 disent vouloir mieux le protéger des chocs, notamment géopolitiques ou commerciaux.
«Nous cherchons à garantir que la chaîne de valeur des minerais stratégiques puisse mieux résister aux perturbations, qu'elles soient dues aux tensions géopolitiques, à des mesures commerciales unilatérales incompatibles avec les règles de l'OMC, à des pandémies ou à des catastrophes naturelles», écrivent-ils.
La déclaration soutient aussi une exploitation accrue de ces minerais stratégiques, en particulier dans les pays en développement. Le secteur doit être un moteur de développement et créer de la valeur pour ces pays, et pas se résumer à l'exportation de «matériaux bruts».
Les minerais stratégiques, parmi lesquels on retrouve par exemple le lithium, le cobalt ou le cuivre, sont présents en abondance sur le continent africain, où se réunissait pour la première fois le G20.
Paix juste et durable
Les dirigeants du G20 réagissent aux grands conflits en cours dans le monde en réclamant «une paix juste, complète et durable» en Ukraine, mais aussi au Soudan, en République démocratique du Congo et dans «les territoires occupés palestiniens».
Ils appellent aussi les pays à «s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force pour gagner des territoires» au détriment de la souveraineté ou de l'indépendance politique d'un autre Etat.
S'il s'agit de la seule référence à l'Ukraine dans ce texte de 30 pages, le plan américain pour le pays a bousculé l'agenda du sommet: les dirigeants occidentaux, en particulier européens, ont multiplié les consultations à ce sujet en marge du sommet.
Inégalités
L'Afrique du Sud a fait de la lutte contre les inégalités une des priorités de son G20 et prônait la création d'un panel international sur le sujet. La déclaration n'en fait pas mention. Elle souligne toutefois l'"impératif» de s'attaquer aux «disparités de richesse et de développement, tant au sein des pays qu'entre eux».
Les dirigeants ont également appelé à la réforme du système financier international afin d'aider les pays à faibles revenus à faire face au remboursement de leur dette. Ce dernier entrave leur capacité d'investissement dans les infrastructures, la santé et l'éducation.
La déclaration réclame plus de transparence de la part des créanciers, y compris ceux du privé, et dit soutenir les efforts pour instaurer des taxes mondiales minimales.
Mais ils n'ont pas repris l'engagement de Rio en 2024 à coopérer pour taxer «effectivement» les personnes très fortunées.
Climat
Adoptée le jour même de la conclusion des négociations climatiques de la COP30 au Brésil, la déclaration reconnaît la nécessité d'augmenter «rapidement et substantiellement» les financements climatiques, pour passer «de milliards à des milliers de milliards à l'échelle mondiale et provenant de toutes les sources».
Elle met l'accent sur les inégalités en matière d'accès à l'énergie, en particulier en Afrique, et appelle à accroître, sécuriser et diversifier les investissements vers des sources d'énergie durables.
Les dirigeants indiquent qu'ils appuieront le développement de systèmes d'alerte précoces pour les populations les plus exposées aux catastrophes liées au climat.