L'Iran et Israël ont poursuivi, pour la quatrième nuit consécutive, leurs bombardements aériens l'un contre l'autre. Les nouvelles salves de missiles iraniens sur les grandes villes israéliennes ont fait au moins quatre morts et 87 blessés.
Israël bombarde l'Iran depuis quatre jours.
Plusieurs villes israéliennes, dont Petah Tikva, ont été ciblées par l'Iran dans la nuit de dimanche à lundi.
Quatrième nuit de bombardements entre Israël et l'Iran - Gallery
Israël bombarde l'Iran depuis quatre jours.
Plusieurs villes israéliennes, dont Petah Tikva, ont été ciblées par l'Iran dans la nuit de dimanche à lundi.
Les sirènes d'alerte ont retenti à Jérusalem où une journaliste de l'AFP a entendu «de fortes explosions». La défense antiaérienne a été activée, mais plusieurs projectiles n'ont pas été interceptés.
Un autre journaliste de l'AFP a vu une épaisse fumée s'envoler dans le ciel après qu'un missile s'est abattu à Haïfa, dans le nord d'Israël. A Tel-Aviv, des images de l'AFPTV ont montré un ensemble d'immeubles d'habitation éventrés, où les pompiers recherchaient d'éventuels survivants dans les décombres, et des voitures incendiées.
Un autre missile a touché un immeuble à Petah Tikva, un peu plus à l'est, selon un photographe de l'AFP. La police israélienne a précisé qu'un missile avait frappé sur la région côtière, sans autre précision, provoquant «des dégâts matériels et sur les infrastructures».
Sites de missiles visés
Le Magen David Adom, l'équivalent israélien de la Croix Rouge, a fait état de quatre morts et 87 blessés dans quatre sites du centre du pays. Cette salve a répondu à des frappes israéliennes qui ont visé l'Iran pour la quatrième nuit consécutive.
Israël a dit viser «des dizaines» de sites de missiles sol-sol et des installations militaires dans l'ouest du pays et a bombardé la capitale ainsi que la ville sainte de Machhad à l'extrémité nord-est, ainsi que des centres de commandement des gardiens de la révolution à Téhéran.
L'Iran a affirmé lundi avoir frappé «avec succès» Israël avec une salve de missiles qui ont touché plusieurs villes du pays. Téhéran a promis la poursuite d'"opérations efficaces, ciblées et plus dévastatrices contre les cibles vitales» pour Israël, rendant hommage à Mohammad Bagheri, Hossein Salami et Amirali Hajizadeh, les trois plus hauts responsables militaires iraniens tués depuis le début des frappes aériennes israéliennes sur l'Iran vendredi.
Les frappes israéliennes ont fait au moins 224 morts depuis vendredi et plus d'un millier de blessés, a annoncé dimanche le ministère iranien de la santé. Côté israélien, le bilan des ripostes iraniennes depuis vendredi est d'au moins 17 morts et près de 300 blessés, selon la police et les secours.
«Point de non-retour»
L'observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également affirmé qu'une femme avait été tuée dans l'ouest de la Syrie après la chute d'un drone, probablement iranien.
Après des décennies de guerre par procuration et d'opérations ponctuelles, c'est la première fois que les deux pays ennemis s'affrontent militairement avec une telle intensité.
Affirmant que l'Iran s'approchait du «point de non-retour» vers la bombe atomique, Israël a lancé vendredi une campagne aérienne massive contre la République islamique en ciblant des centaines de sites militaires et nucléaires.
Attaques en Iran : les explications d'Israël
"Nous n'avons pas le choix. Nous agissons contre une menace imminente et existentielle", déclare un porte-parole de l’armée israélienne, après qu’Israël a mené une première série de "frappes préventives" contre l'Iran.
13.06.2025
Téhéran est soupçonné par les Occidentaux et Israël de vouloir se doter de l'arme atomique. L'Iran, qui dément et défend son droit à développer un programme nucléaire civil, a promis dimanche une «réponse dévastatrice» aux attaques israéliennes et affirmé qu'Israël ne serait bientôt «plus habitable».
Appel de Trump
Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré dimanche sur la chaîne américaine télévisée Fox News qu'Israël avait «détruit la principale installation» du site d'enrichissement d'uranium de Natanz (centre).
Il a laissé entendre que les frappes sur l'Iran pourraient conduire à un changement à la tête du pays dirigé par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. «Ce pourrait certainement être le résultat parce que le régime iranien est très faible», a-t-il dit.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé lundi avoir dit à M. Netanyahou que la diplomatie était la meilleure solution «à long terme» avec l'Iran.
Le président américain Donald Trump, allié indéfectible d'Israël, a appelé dimanche les deux pays à «trouver un accord». Il a ajouté qu'il est «possible» que les Etats-Unis s'impliquent dans le conflit mais qu'ils ne sont «à cet instant pas impliqués».