Ethiopie

200'000 euros pour qui trouvera les dirigeants du Tigré en fuite

ATS

18.12.2020 - 11:25

Les autorités éthiopiennes ont offert une récompense d'environ 200'000 euros (216'000 francs) pour des informations permettant de localiser les dirigeants dissidents en fuite de la région septentrionale du Tigré. 

epa08848438 Ethiopians read publications covering the Tigray crisis at a Saturday news stand in Addis Ababa, Ethiopia 28 November 2020. Life continues as normal in the capital after the prime minister of Ethiopia Abiy Ahmed ordered the army to move on the embattled Tigray regional capital of Mekelle in the north of Ethiopia when a 72 hour ultimatum to surrender expired 26 November 2020. EthiopiaâÄ™s military intervention comes after Tigray People's Liberation Front (TPLF) forces allegedly attacked an army base on 03 November 2020 sparking three weeks of unrest. EPA/STR
Si la vie continue en Ethiopie, la crise du Tigré, qui a commencé en novembre, occupe tous les esprits
KEYSTONE

Les fuyards sont la cible d'une opération militaire lancée par le gouvernement fédéral le 4 novembre.

Les dirigeants du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), parti qui dirigeait les institutions régionales après avoir détenu les leviers de pouvoir durant près de 30 ans à Addis Abeba, sont en fuite depuis la prise annoncée de Mekele, la capitale du Tigré, le 28 novembre.

L'armée éthiopienne versera 10 millions de birrs (environ 210'000 euros) «à quiconque connaît la localisation exacte des dirigeants de la junte du TPLF», a déclaré le chef du département de l'Information de l'armée, le général Asrat Denero, cité par la radio-télévision d'Etat EBC.

Le général Asrat a également donné les numéros de téléphone dédiés à appeler pour communiquer d'éventuels renseignements.

Suivis «à la trace»

Le 30 novembre, deux jours après la chute de Mekele, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avait assuré aux députés que les chefs du TPLF étaient suivis à la trace «depuis la salle de crise» par l'armée fédérale et seraient rapidement arrêtés.

Il avait assuré qu'ils se trouvaient à environ 50 km à l'ouest de Mekele, mais le président déchu du Tigré et chef du TPLF, Debretsion Gebremichael, avait alors assuré à l'AFP que cette localisation était inexacte. Les dirigeants du TPLF en fuite sont injoignables depuis presque deux semaines.

M. Abiy, prix Nobel de la paix 2019, a envoyé l'armée au Tigré pour remplacer par «des institutions légitimes» et traduire en justice les dirigeants du TPLF, qui défiaient le pouvoir central depuis plusieurs mois.

Accusations d'attaque

Après des semaines de tensions croissantes, M. Abiy les avait accusés début novembre d'avoir attaqué deux bases militaires dans la région, ce que M. Debretsion avait démenti. Le 13 novembre, la police fédérale éthiopienne a émis des mandats d'arrêt contre M. Debretsion et 63 autres dirigeants du TPLF.

Malgré la fin annoncée de l'opération militaire par Addis Abeba, des combats se poursuivent au Tigré, selon l'ONU qui déplore que les autorités éthiopiennes restreignent son accès à la région.

Aucun bilan précis du conflit au Tigré n'est disponible, mais les combats ont poussé plus de 50'000 personnes à trouver refuge au Soudan voisin et en ont déplacé plus de 63'000 à l'intérieur de la région, selon l'ONU.

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ATS