Vives tensions

Washington doit cesser de «diaboliser» Pékin

ATS

26.7.2021 - 04:32

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26.7.2021 - 04:32

La faute aux Américains... La première visite en Chine d'une haute responsable de la diplomatie américaine de l'ère Biden a donné lieu lundi à un réquisitoire en règle de Pékin contre Washington.

Wendy Sherman, numéro 2 de la diplomatie américaine, est la plus haute responsable américaine à se rendre en Chine depuis l'élection de Joe Biden (archives).
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Wendy Sherman, numéro deux du département d'Etat américain, est arrivée dimanche dans la grande ville de Tianjin (nord de la Chine), où elle doit s'entretenir avec le ministre chinois des Affaires étrangères.

Alors que les deux premières puissances mondiales restent à couteaux tirés sur nombre de sujets, des droits humains au commerce en passant par la technologie et la reprise en main de Pékin à Hong Kong, cette rencontre sur le sol chinois est la première pour un haut responsable de la diplomatie américaine depuis l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche au début de l'année.

Relations «dans une impasse»

La presse n'a pas été conviée lundi matin à assister à la rencontre entre Mme Sherman et le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Xie Feng.

Mais selon des propos communiqués par la diplomatie chinoise, M. Xie a accusé les Américains d'être entièrement responsables de la détérioration des liens entre les deux géants du Pacifique. Les relations sont «dans une impasse» et Washington doit cesser de «diaboliser» Pékin, a-t-il lancé.

«Fondamentalement, c'est parce que les Américains voient la Chine comme un ennemi imaginaire», a-t-il ajouté, exhortant Washington à «changer d'état d'esprit erroné et de politique dangereuse».

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Joe Biden n'a guère modifié la politique de son prédécesseur envers la Chine, laissant notamment en place les sanctions commerciales imposées par Donald Trump sur les produits chinois. Il s'est en outre efforcé de convaincre les alliés de l'Amérique de rejoindre un front commun des démocraties face à une Chine perçue comme de plus en plus autoritaire et agressive.

«Un piège»

Cette politique est vivement contestée par le régime chinois, qui s'était déjà livré à une guerre des mots lors du premier face-à-face de l'ère Biden entre diplomates des deux pays en mars à Anchorage (Alaska).

L'administration Biden a résumé sa stratégie chinoise par un triptyque confrontation-concurrence-coopération, se laissant une marge de manoeuvre pour discuter avec Pékin «là où c'est possible», notamment sur le climat.

Mais cet espoir s'est heurté lundi à une fin de non-recevoir. Le peuple chinois voit dans la stratégie américaine «une tentative mal déguisée de freiner la Chine et de la réprimer», a martelé M. Xie à son interlocutrice.

«L'accent est mis en fait (par Washington) sur la confrontation, tandis que la coopération n'est que de l'opportunisme et la concurrence un piège», a-t-il estimé.

Le climat en otage

Jusqu'ici, seul l'émissaire américain pour le climat John Kerry s'était rendu en Chine en avril. La semaine dernière, il a appelé les autorités chinoises à faire preuve de «leadership» face à la crise climatique et à réduire rapidement leurs émissions de gaz à effet de serre.

La réponse n'a pas tardé: «La coopération entre la Chine et les Etats-Unis dans des domaines spécifiques est étroitement liée à la bonne santé globale des relations sino-américaines», a rétorqué un porte-parole de la diplomatie chinoise.

La partie américaine n'avait pas communiqué lundi en fin de matinée sur la teneur des propos de Mme Sherman à Tianjin. Sa visite survient après des étapes au Japon et en Corée du Sud, alliés des Etats-Unis, ainsi qu'en Mongolie, dont les relations avec Washington se sont récemment améliorées.

La vice-secrétaire d'Etat devait évoquer «les sujets sur lesquels nous avons de graves inquiétudes au sujet du comportement de la Chine, mais aussi les sujets sur lesquels nos intérêts convergent», a indiqué la semaine dernière le département d'Etat.

«Nous sommes favorables à une compétition féroce, mais nous voulons qu'elle soit équitable et surtout qu'elle ne tourne pas au conflit», a plaidé un porte-parole de la diplomatie américaine.

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