Revue de presse «On ne peut pas se passer du nucléaire» : Albert Rösti relance la controverse énergétique

ATS

9.11.2025 - 07:44

Les seniors qui sont de moins en moins nombreux a être employés dans le secteur tertiaire en Suisse romande, les promesses faites par les représentants de l'économie suisse à M. Trump et les solutions Open Desk testées par la Confédération et la ville de Zurich font les titres de la presse dominicale. 

Une vue sur les quatre exemplaires des journaux du dimanche, avec la Sonntags Zeitung, le Sonntags Blick, Le Matin Dimanche et la NZZ am Sonntag (archives).
Une vue sur les quatre exemplaires des journaux du dimanche, avec la Sonntags Zeitung, le Sonntags Blick, Le Matin Dimanche et la NZZ am Sonntag (archives).
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Keystone-SDA

LE MATIN DIMANCHE. En Suisse romande, les employés de plus de 60 ans sont de plus en plus rares dans les bureaux, rapporte Le Matin Dimanche. Un livre blanc de Pro Senectute et une enquête de MIS Trend révèlent que deux entreprises sur dix n’emploient aucun travailleur de plus de 55 ans, et qu’un tiers ne compte aucun sexagénaire. Cette réalité contraste avec la démographie nationale, où un quart de la main-d’œuvre est recensé dans ces catégories d'âge. Une autre étude de Von Rundstedt et HR Today confirme la persistance d’une discrimination liée à l’âge: si sept DRH sur dix souhaitent recruter des seniors, seuls deux sur dix le font réellement. L’Union patronale suisse conteste ce constat, invoquant un chômage inférieur à la moyenne, mais reconnaît la fragilité des 55-65 ans, surtout face au chômage de longue durée. L’érosion est marquée dans le tertiaire, où la performance immédiate prime, contrairement à l’industrie, qui valorise l’expérience. Spécialistes et autorités plaident pour une meilleure gestion de fin de carrière, la suppression des filtres d’âge dans les systèmes de recrutement et des incitations allant jusqu'à l'instauration de quotas pour encourager l’emploi des seniors.

LE MATIN DIMANCHE. Dans le Canton de Vaud, de nombreux vignerons peinent à écouler leurs stocks. Dans ce contexte, la coopérative Fenaco, via sa filiale Rutishauser-DiVino, est accusée d’aggraver la situation en proposant des prix d’achat très inférieurs aux coûts de production: 70 centimes le litre de moût, alors que le seuil de rentabilité se situe entre 2,50 et 4,50 francs, rapporte Le Matin Dimanche. Présentée comme une aide aux producteurs en détresse, l’initiative est dénoncée comme une stratégie de pression qui tire tout le marché vers le bas. Fenaco se défend en évoquant des volumes limités et un geste exceptionnel, mais la colère gronde chez les encaveurs et la Fédération vigneronne vaudoise. D'autant plus que parallèlement, des courtiers proposent de déclasser des vins AOC en vins de table à 60 centimes le litre, ce qui scandalise la profession. Un courtier assure que ces tarifs ne profitent pourtant à personne. Pour beaucoup, cette spirale des prix menace la survie même des domaines. Certains producteurs, acculés, envisagent de détruire leur vin ou d'arracher des vignes plutôt que de vendre le fruit de leur travail à perte.

NZZ AM SONNTAG. Le ministre de l’Énergie Albert Rösti a de nouveau mis en garde contre un risque de pénurie d’électricité en Suisse. «On ne peut pas se passer de l’énergie nucléaire», a-t-il déclaré dans un entretien accordé à la NZZ am Sonntag. Il précise ne pas souhaiter cette option, mais estime que le développement de l’énergie hydraulique, solaire et éolienne progresse trop lentement. «Si, de manière inattendue, la filière éolienne décolle, que de nombreuses centrales hydroélectriques sont construites et que davantage de centrales solaires alpines voient le jour, je serai le premier à renoncer au nucléaire», a-t-il ajouté. M. Rösti avertit depuis longtemps que la Suisse pourrait manquer d’électricité dans dix à vingt ans. «La situation géopolitique exige un renforcement de la production, mais c’est surtout la décarbonisation qui nous y contraint», a expliqué le conseiller fédéral. Actuellement, les sources fossiles couvrent 60 % des besoins énergétiques de la Suisse et doivent être remplacés par des alternatives.

SONNTAGSBLICK/SONNTAGSZEITUNG. Les représentants de l’économie suisse ont présenté diverses propositions lors de leur récente rencontre avec le président américain Donald Trump à Washington. Selon le SonntagsBlick, celles-ci incluaient le transfert de fonderies d’or vers les États-Unis, des investissements dans le secteur pharmaceutique, le soutien à des projets d’infrastructure et l’augmentation des achats dans l’aviation américaine. Dans les semaines à venir, une déclaration d’intention devrait être annoncée, et un accord sur le différend douanier est attendu lors du Forum économique mondial (WEF) à Davos en janvier, avec un tarif comparable aux 15 % appliqués à l’Union européenne. Selon la Sonntagszeitung, les États-Unis ont formulé deux nouvelles demandes lors des négociations: la Suisse doit à l’avenir appliquer au moins partiellement les sanctions américaines et contrôler plus strictement les investissements de sociétés chinoises dans des entreprises stratégiques. Ces deux points ont suscité des critiques au sein de tous les partis.

SONNTAGSZEITUNG. Stadler Rail envisage de déposer un recours contre les CFF suite à l’attribution à Siemens du contrat de plusieurs milliards pour de nouveaux trains à deux étages. Le patron de Stadler Rail, Peter Spuhler, a déclaré dans un entretien à la SonntagsZeitung que les CFF avaient pris une décision erronée. Son entreprise compte analyser sérieusement la matrice d’évaluation des CFF et, si le soupçon d’une sous-évaluation se confirme, déposer un recours auprès du Tribunal administratif de Saint-Gall dans les 20 jours. La différence de prix entre Stadler et Siemens étant de seulement 0,6 %, ce sont selon lui des facteurs qualitatifs qui ont fait la différence. Stadler aurait été nettement moins bien noté, notamment en matière de durabilité et de maintenance. M. Spuhler critique le fait qu’un concept éprouvé de Stadler ait été désavantagé par rapport à un nouveau modèle de Siemens. « Le choc est vraiment dur pour nos 6 000 employés, ainsi que pour nos plus de 200 fournisseurs à travers la Suisse «, a-t-il ajouté.

NZZ AM SONNTAG. La ville de Zurich étudie des alternatives au cloud de Microsoft et souhaite achever l’évaluation correspondante d’ici la fin de l’année. En collaboration avec la Haute école spécialisée bernoise (BFH), la ville examine le logiciel Open Desk, une solution open source, a indiqué un porte-parole à la NZZ am Sonntag. De son côté, la Confédération évalue également, dans le cadre du projet «Boss», une solution Open Desk développée par le Centre pour la souveraineté numérique. Cependant, au sein de l'Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication (OFIT), il existerait, selon des recherches du journal, des résistances à ce projet. Les logiciels open source y seraient considérés comme insuffisamment mûrs et parfois même qualifiés de «bricolages». L’OFIT affirme toutefois que le projet fait l'objet d’une grande priorité et que l’étude de faisabilité devrait être présentée à la mi-2026. Cette initiative intervient dans un contexte de critiques croissantes concernant l’utilisation des logiciels américains de Microsoft au sein de l’administration fédérale. Le chef de l’armée, Thomas Süssli, a d’ailleurs adressé une lettre à la Confédération pour réclamer une solution indépendante pour l’armée.

SONNTAGSZEITUNG. Plusieurs élus issus des partis bourgeois souhaitent stopper la participation de la Confédération au projet de train de nuit des CFF vers Malmö. Pour cette nouvelle liaison, des subventions de 47 millions de francs sont prévues d’ici 2030. Le président du parti du Centre, Philipp Matthias Bregy, a annoncé à la Sonntagszeitung qu’il voterait contre cette aide au Parlement. «C’est une dépense coûteuse à une époque où l’on réduit les moyens dans le transport régional de personnes», a-t-il déclaré. Malmö n’est même pas une destination aérienne, la demande y est très faible. Les conseillers nationaux Christian Wasserfallen (PLR) et Christian Imark (UDC) ont également critiqué cette subvention comme superflue. «Il n’appartient pas à l’État de subventionner des destinations purement touristiques», estime M. Wasserfallen. Le projet reçoit en revanche le soutien du PS, qui souligne l’importance des trains de nuit pour atteindre les objectifs climatiques. Les CFF ont indiqué que l’exploitation du train de nuit n’était pas rentable en raison des coûts élevés, rendant nécessaire un soutien financier de la Confédération en 2026 et au-delà.

SONNTAGSBLICK. L’ancien conseiller fédéral Ueli Maurer est désormais actif dans le secteur immobilier. L’homme de 74 ans siège depuis février au conseil d’administration de la Schultheiss Holding Schweiz AG à Giswil (OW), d’après le registre du commerce. L’entreprise prévoit de développer des logements haut de gamme en Suisse centrale. La présidente du conseil d’administration est l’Allemande Yvonne Schultheiss, dont le mari, Konrad Schultheiss, dirige une grande entreprise de construction à Nuremberg. Le contact aurait été établi par le politicien UDC de Giswil, Albert Sigrist, qui souligne dans le SonntagsBlick qu'"Ueli a toujours eu une affinité avec le canton d’Obwald». Fondée il y a trois ans, la société n’a encore réalisé aucun projet; le premier, à Giswil, est actuellement bloqué par des oppositions. Ueli Maurer n’a pas répondu aux questions du journal dominical concernant son rôle au sein de l’entreprise.