SalvadorL'ONG anti-corruption Cristosal contrainte à l'exil
ATS
17.7.2025 - 18:35
L'ONG Cristosal, qui enquête sur des cas de corruption et dénonce des violations des droits humains au Salvador, se voit contrainte à l'exil par la répression du gouvernement de Nayib Bukele, ont annoncé jeudi à l'AFP deux de ses membres.
Ruth Lopez dirige l'ONG Cristosal.
IMAGO/ZUMA Press
Keystone-SDA
17.07.2025, 18:35
ATS
Cristosal est une voix critique de la politique sécuritaire du président Bukele et fournit une assistance aux familles des 252 migrants vénézuéliens expulsés par les États-Unis en mars et incarcérés dans une prison de haute sécurité du Salvador.
En mai, Ruth Lopez, responsable de l'unité anti-corruption de Cristosal, avait été arrêtée, accusée de détournement de fonds par le parquet salvadorien. Amnesty International l'a déclarée «prisonnière d'opinion» et a demandé sa libération immédiate.
Lors d'une récente interview avec l'AFP, le directeur de Cristosal, Noah Bullock, a déclaré que dans le Salvador de Bukele, «parler, demander quoi que ce soit qui n'est pas validé par le gouvernement, signifie risquer d'être arrêté».
Au cours des derniers mois, quatre autres personnalités critiques de la politique de Nayib Bukele ont également été arrêtées au Salvador, parmi eux des militants des droits humains et des avocats.
Peur dans la population
La semaine dernière, un sondage de l'Université Centraméricaine a révélé que six Salvadoriens sur dix craignent de critiquer le président ou son gouvernement, car cela pourrait entraîner «des conséquences négatives», comme être arrêté.
M. Bukele a été réélu en février 2024 grâce à la grande popularité de sa «guerre» contre les gangs, qui a nettement réduit la violence liée au crime organisé dans le pays.
Cette offensive repose sur un régime d'exception en vigueur depuis 2022, critiqué par des groupes de défense des droits humains comme Cristosal, car il autorise des arrestations sans mandat judiciaire, entre autres mesures controversées.