Espagne

Scrutin test en Andalousie pour la gauche du Premier ministre

ATS

19.6.2022 - 16:13

Le Premier ministre Pedro Sanchez se retrouve fragilisé à un an et demi des prochaines élections nationales (archives).
ATS

Ancien bastion historique de la gauche, l'Andalousie votait dimanche lors d'un scrutin régional test. Les socialistes du Premier ministre Pedro Sanchez, fragilisé à un an et demi des prochaines élections nationales, devraient subir une nouvelle déroute.

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19.6.2022 - 16:13

Plus de six millions d'Andalous sont appelés aux urnes dans cette région méridionale où les températures sont retombées après une semaine de chaleur extrême. Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 09h00, fermeront à 20h00. Les résultats seront connus autour de 22h00.

Tous les instituts de sondage prévoient une nette victoire du Parti Populaire (PP, droite) et de son candidat, Juan Manuel Moreno, qui gouverne la région depuis 2018 en coalition avec le parti de centre-droit Ciudadanos.

D'après leurs projections, le PP devrait obtenir environ 50 sièges sur les 109 que compte le parlement régional, soit plus que tous les partis de gauche réunis.

Le Parti socialiste (PSOE) de M. Sanchez obtiendrait, lui, un résultat similaire au scrutin de 2018 (33 sièges) qu'il avait perdu après avoir été éclaboussé par un vaste scandale de corruption.

«Vote utile»

La région la plus peuplée d'Espagne, avec 8,5 millions d'habitants, avait été jusque-là dirigée par les socialistes sans interruption depuis 1982. Une histoire à laquelle la gauche a fait référence durant la campagne pour mobiliser ses électeurs.

«Toutes les avancées sociales qui ont eu lieu en Andalousie et en Espagne ont été initiées par le PSOE. Jamais par la droite», a fait valoir vendredi Pedro Sanchez lors d'un meeting électoral à Séville, la capitale andalouse.

En position de force, le PP espère lui obtenir la majorité absolue, soit 55 députés, pour éviter d'avoir à gouverner en coalition avec le parti d'extrême droite Vox, comme il a dû le faire récemment dans la région de Castille-et-Léon.

Une nouvelle alliance avec Vox fragiliserait le nouveau président du parti conservateur, Alberto Núñez Feijóo, arrivé à la tête de la formation début avril en défendant une ligne modérée.

Voie de la «modération»

«L'Andalousie nous montre une voie», celle de «la modération, du dialogue, du progrès social», a-t-il déclaré récemment, tandis que Juan Manuel Moreno appelait au «vote utile» pour «un gouvernement fort», qui ne soit pas «conditionné» par Vox.

Après avoir voté à Malaga, M. Moreno a appelé les Andalous à «aller voter pour avoir une participation importante». A 14h00, le chiffre de la participation s'élevait à 34,2%, soit plus de quatre points de plus qu'en 2018.

Si le PP gagne, il s'agira du troisième revers consécutif de la gauche espagnole lors d'un scrutin régional, après celui de Madrid en mai 2021 et celui de Castille-et-Léon en février.

«Bataille difficile»

Perdre en Andalousie serait «un coup dur» pour les socialistes, relève Antonio Barroso, analyste au cabinet de conseil Teneo, selon qui «Sanchez pourrait faire face à une bataille difficile pour être réélu» l'année prochaine.

«Le PP semble de plus en plus dans une bonne dynamique et Sanchez pourrait avoir du mal à vendre les bons résultats de son gouvernement lors des prochaines législatives face aux inquiétudes des électeurs concernant l'inflation», ajoute-t-il.

L'Espagne, avec une inflation de 8,7%, n'a pas échappé à l'envolée des prix qui touche de nombreux pays, notamment depuis la guerre en Ukraine. Cette situation a poussé le gouvernement à annoncer un paquet de mesures, dont des aides sur les carburants, mais sans résultats probants pour l'instant.

Signe que la gauche se trouve dans une situation délicate: près de 17% des électeurs ayant voté pour le PSOE en 2018 pourraient cette fois choisir le PP, selon une enquête de Sigma Dos pour le quotidien El Mundo. Un phénomène qui montrerait qu'Alberto Núñez Feijóo est en passe de gagner la bataille pour l'électorat centriste.

«Il y a une stratégie très visible» du PP pour se présenter «comme une alternative raisonnable» aux socialistes, «une option de centre-droit», souligne Oscar García Luengo, professeur de sciences politiques à l'université de Grenade.

ATS