Protocole de paixTéhéran veut 12 milliards en 60 jours : les dessous de l'accord
Basile Mermoud
30.5.2026
La télévision iranienne d'Etat a affirmé samedi, en invoquant une transcription non officielle du texte, que le protocole d'accord discuté entre Washington et Téhéran prévoyait le déblocage sous 60 jours de 12 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés.
Le président américain Donald Trump avait de son côté affirmé vendredi qu'il n'y aurait «aucun échange d'argent pour le moment» (archives).
AFP
Agence France-Presse
30.05.2026, 21:31
Basile Mermoud
La Maison-Blanche avait démenti mercredi, en dénonçant une «totale invention», une précédente information de la télévision, Irib, faisant état d'une ébauche d'accord-cadre avec les États-Unis incluant l'engagement de Washington à lever son blocus naval.
Samedi, Irib a affirmé que selon une version non-officielle du protocole en cours de négociations, les États-Unis s'engagent «à donner à l'Iran un accès complet à 12 milliards de dollars de ses avoirs dans un délai de 60 jours, afin que ces ressources puissent être transférées et dépensées dans les banques du ou des pays de destination souhaités par l'Iran, sans restrictions».
Le président américain Donald Trump avait de son côté affirmé vendredi qu'il n'y aurait «aucun échange d'argent pour le moment».
La question des avoirs iraniens bloqués par les sanctions américaines à l'étranger constitue l'un des points clés des tractations en cours pour un accord mettant fin au conflit au Moyen-Orient.
L'agence iranienne Isna avait indiqué jeudi que Téhéran cherchait à obtenir le déblocage de 24 milliards, «avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord».
Les avoirs iraniens gelés à l'étranger s'établiraient entre 100 et 123 milliards de dollars, selon des médias iraniens.
La République islamique réclame aussi l'établissement d'un mécanisme clair pour garantir le déblocage des autres fonds, selon une «source informée» citée cette semaine par l'agence iranienne Tasnim.
En ce qui concerne le détroit stratégique d'Ormuz, quasi-verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre, le 28 février, le protocole prévoit, selon Irib, que «l'Iran est l'autorité exclusive pour déterminer la nature des navires en transit, et tout navire dont la cargaison est considérée comme menaçante ou dont l'exploitant final est hostile à l'Iran (...) n'est pas autorisé à emprunter les routes définies».
Washington a affirmé son opposition au maintien d'un contrôle iranien sur ce passage maritime.