PolémiqueTrump attaque le système électoral avec une ardeur renouvelée !
ATS
5.2.2026 - 07:42
Perquisition, procédures judiciaires, volonté de «nationaliser» les scrutins et complaintes répétées sur des élections «truquées»: le président américain Donald Trump cible la machine électorale américaine avec une ardeur renouvelée avant les législatives de l'automne, mal engagées pour son parti.
Donald Trump cible la machine électorale américaine avec une ardeur renouvelée avant les législatives de l'automne.
ats
Keystone-SDA
05.02.2026, 07:42
05.02.2026, 07:50
ATS
Dernière idée en date du président républicain: retirer l'organisation des élections aux Etats américains ou tout du moins à certains d'entre eux, pour la confier aux autorités fédérales. «Nous devrions prendre le contrôle du vote dans au moins une quinzaine d'endroits», a-t-il dit lundi au podcasteur conservateur et ancien directeur adjoint du FBI, Dan Bongino.
Le parti républicain pourrait perdre en novembre le contrôle du Congrès, à en croire les sondages défavorables pour Donald Trump ainsi qu'une série de cuisants revers lors d'élections locales. Le président américain a récidivé mardi en lançant: «Je ne sais pas pourquoi le gouvernement fédéral ne s'en occupe pas de toute façon».
Et mercredi, il a cité Detroit, Philadelphie et Atlanta, des grandes villes démocrates, assurant: «S'ils ne peuvent pas [compter les voix] honnêtement [...] alors il faut trouver une autre solution».
«La constitution dit clairement que les Etats sont chargés de l'organisation des élections», y compris pour des scrutins d'envergure nationale comme les «midterms», rétorque Justin Levitt, professeur de droit à la Loyola Law School. «Il n'y a pas de débat».
Ce juriste ayant travaillé pour les administrations des présidents américains démocrates Barack Obama et Joe Biden explique à l'AFP que cette décentralisation est rendue nécessaire par l'immensité du pays, mais qu'elle est aussi conçue comme une «mesure anti-corruption», comme un outil de «séparation des pouvoirs».
Donald Trump, qui redoute d'être visé par une procédure de destitution par les démocrates en cas de débâcle pour le parti républicain en novembre, ne s'en tient pas là. Le républicain reste persuadé que l'élection présidentielle qu'il a perdue en 2020 a été manipulée contre lui, même si la régularité du scrutin a été confirmée par les tribunaux.
Il a pris le monde entier à témoin en lançant récemment à Davos (GR): «C'était une élection truquée. Tout le monde le sait», puis en menaçant: «Des gens seront bientôt poursuivis par la justice pour ce qu'ils ont fait».
Le milliardaire de 79 ans, qui repousse sans cesse les limites du pouvoir présidentiel, mobilise tous les leviers pour redresser les torts qu'il estime avoir subis. Le 28 janvier, la police fédérale, le FBI, a saisi des centaines de caisses de documents dans un centre électoral de la Géorgie, au coeur des accusations infondées de fraude.
La perquisition a été menée sous l'oeil de la directrice du renseignement Tulsi Gabbard, dont la présence, plus qu'inhabituelle, a fait bondir l'opposition démocrate. Elle a assuré que Donald Trump lui-même lui avait demandé de se rendre sur place.
Le ministère de la justice a par ailleurs saisi les tribunaux pour tenter de récupérer les registres électoraux dans une vingtaine d'Etats. Tout cela «fait partie d'une stratégie plus vaste pour, au minimum, jeter le doute sur les prochaines élections», commente pour l'AFP Rick Hasen, professeur de droit à l'université UCLA.
«Dans le pire des cas, cela signale que [Donald Trump] pourrait essayer d'utiliser le gouvernement fédéral pour s'ingérer réellement dans l'organisation des scrutins par les Etats en 2026», poursuit-il, appelant à la vigilance des organisations de défense des libertés publiques.
L'une d'elles, la NAACP, qui s'est battue pour les droits civiques des Afro-Américains, a jugé mardi que «le gouvernement Trump essayait d'épuiser notre pays avec des farces pitoyables et anticonstitutionnelles dans l'espoir que nous nous lasserons et que nous nous avouerons vaincus».
«Donald Trump s'acharne à éprouver la résilience» du système électoral américain, juge pour sa part Justin Levitt. «Je ne pense pas qu'il va y arriver».
Dans un scénario plus extrême, certains opposants du président redoutent qu'il ne s'appuie sur les forces de l'ordre fédérales, voire l'armée, pour peser sur le scrutin à venir.
«Nous ferons encercler les bureaux de vote par ICE [ndlr: la police de l'immigration] en novembre» a lancé mardi Steve Bannon, l'un des grands idéologues du mouvement «MAGA».
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