Etats-Unis Trump reçoit Netanyahu, qui exige une pression maximale sur l'Iran

ATS

11.2.2026 - 19:35

Donald Trump recevait mercredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Ce dernier veut convaincre son allié d'exercer une pression maximale sur l'Iran pour mettre fin à ses programmes nucléaire et balistique.

Cette rencontre, la septième entre eux depuis le retour au pouvoir du président républicain, s'effectue discrètement.
Cette rencontre, la septième entre eux depuis le retour au pouvoir du président républicain, s'effectue discrètement.
KEYSTONE

Keystone-SDA

Cette rencontre, la septième entre eux depuis le retour au pouvoir du président républicain, s'effectue discrètement.

L'Israélien est arrivé à la Maison Blanche peu avant 11h00 locales sans décorum particulier. Il a ensuite diffusé une photo montrant une poignée de main avec Donald Trump, mais la presse n'a pas été conviée pour leur réunion dans le Bureau ovale.

Missiles et supplétifs régionaux

«Il faut inclure dans toute négociation (entre l'Iran et les Etats-Unis) la limitation des missiles balistiques et le gel du soutien à l'axe iranien», c'est-à-dire aux groupes armés liés à Téhéran dans la région, a réclamé Benjamin Netanyahu avant sa venue.

La question des missiles est une ligne rouge pour Israël, distant d'environ 2000 kilomètres de l'Iran.

Benjamin Netanyahu assure que l'action militaire est le seul moyen de résoudre une fois pour toute la question nucléaire iranienne. Les Etats-Unis avaient bombardé des sites nucléaires iraniens lors d'une guerre de 12 jours déclenchée par Israël en juin.

A Washington, il a rencontré mardi soir l'émissaire du président américain, Steve Witkoff, et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner. Ils «ont fait le point sur le premier cycle de négociations qu'ils ont tenu avec l'Iran vendredi dernier», selon un communiqué du Premier ministre israélien.

Trump «réfléchit»

«Je préférerais faire un accord», a dit le président américain mardi sur Fox Business. Il a ajouté que les Iraniens seraient «idiots» de refuser.

Donald Trump a aussi déclaré au site Axios qu'il «réfléchissait» à renforcer avec un second porte-avions l'armada déployée par les Etats-Unis dans la région.

«Trump doit pouvoir montrer que l'accord, si accord il y a, est nettement meilleur que celui dont il est sorti», conclu à Vienne en 2015 et dénoncé par le républicain en 2018 lors de son premier mandat, estime Guy Ziv, professeur en politique étrangère à l'American University.

«Une manière d'assurer cela est bien sûr d'inclure les missiles» mais il est «hautement improbable que les Iraniens l'acceptent», rappelle-t-il à l'AFP.

Positions très éloignées

Après de premiers pourparlers le 6 février à Oman, Washington et Téhéran ont dit vouloir poursuivre le dialogue, même si leurs positions sont très éloignées.

«Les discussions sont limitées à la question nucléaire», a affirmé Ali Larijani, chef du Conseil de sécurité national iranien, dans un entretien avec Al Jazeera rapporté par l'agence d'Etat iranienne IRNA.

Il y répète que Téhéran refuse de renoncer entièrement à l'enrichissement d'uranium et accuse Israël de chercher à «saboter» les pourparlers. En cas d'attaque américaine, «nous attaquerons les bases (des Etats-Unis) dans la région», a-t-il aussi rappelé.

Mais Washington ne veut pas se limiter au nucléaire. Les Etats-Unis veulent limiter la portée des missiles balistiques iraniens et mettre fin au soutien à des groupes armés hostiles à Israël, comme les rebelles Houthis du Yémen, le mouvement islamiste libanais Hezbollah ou le Hamas palestinien.

«Conseil de la paix»

Pendant une rencontre mercredi avec le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, Benjamin Netanyahu a ratifié la participation d'Israël au «Conseil de la paix» de Donald Trump, selon ses services. Il n'a pas attendu la cérémonie officielle d'inauguration de ce nouveau format multilatéral, le 19 février à Washington.

Selon les analystes, l'Israélien a anticipé sa venue pour tenter d'influencer Donald Trump avant que le milliardaire ne rencontre la semaine prochaine des dirigeants arabes participant à son «Conseil de la paix». Ces derniers pourraient plaider pour la retenue face à l'Iran.

L'organe dirigé par le président américain a été imaginé pour mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, mais sa charte lui assigne un objectif plus large, concurrent de celui de l'ONU, à savoir la résolution des conflits armés dans le monde.