Ukraine

Un conflit serait «épouvantable» mais n'est «pas inéluctable» 

ATS

28.1.2022 - 21:05

Une attaque à grande échelle de Moscou en Ukraine aurait des conséquences «épouvantables» pour la population ukrainienne, mais un conflit n'est «pas inéluctable», ont estimé vendredi les chefs militaires américains, prévenant que la Russie avait désormais amassé aux frontières ukrainiennes des forces suffisantes pour une invasion.

Le général Mark Milley estime probable une guerre civile en Afghanistan.
Pour le général Mark Milley, la possibilité d'un conflit en Ukraine est réelle. (image d'archives)
KEYSTONE/AP/Susan Walsh

ATS

28.1.2022 - 21:05

«Vu le type de forces qui sont déployées, les forces terrestres, l'artillerie, les missiles balistiques, l'armée de l'air (...) vous pouvez imaginer à quoi cela pourrait ressembler dans les zones urbaines denses», a averti vendredi le chef d'état-major, le général Mark Milley, prévoyant «un nombre important de victimes» en cas d'offensive.

«Ce serait épouvantable, ce serait terrible», a-t-il souligné lors d'une rare conférence de presse. «Et ce n'est pas nécessaire. Nous pensons que la solution est diplomatique».

Un conflit entre l'Ukraine et la Russie «n'est pas inéluctable», a souligné pour sa part le ministre de la Défense, Lloyd Austin. «Il reste du temps et du champ pour la diplomatie», a-t-il ajouté.

Plus de 100'000 soldats russes sont déployés à la frontière ukrainienne depuis fin 2021, signe pour Washington qu'une invasion pourrait être imminente.

Dernier ressort

Le général Milley a souligné que les fertiles plaines ukrainiennes, qui en faisaient le «grenier à blé» de l'ex-URSS, gèlent facilement du fait de la faible profondeur des nappes phréatiques. «Ce sont des conditions idéales» pour des véhicules blindés, a-t-il prévenu, soulignant que les grands centres urbains ukrainiens pourraient être directement menacés.

«Et si une guerre devait éclater à l'échelle qui est aujourd'hui possible, la population civile souffrirait terriblement», a ajouté le plus haut gradé américain. «Nous encourageons fortement la Russie à se retirer. La force armée devrait toujours être le dernier ressort».

Aucune raison de dégénérer

Le ministre de la Défense a estimé que le président russe Vladimir Poutine n'avait pas encore «pris la décision d'utiliser ces forces contre l'Ukraine. Mais «il en a maintenant clairement la possibilité», a-t-il ajouté. «Et il a de nombreuses options, y compris la prise de grandes villes et de larges territoires».

Le chef du Pentagone a souligné qu'il n'y avait «aucune raison» que cette situation dégénère nécessairement en un conflit. «M. Poutine a la possibilité lui aussi de faire ce qu'il faut», a-t-il assuré, en référence au président russe qui dément tout projet d'invasion, mais estime la Russie menacée par une éventuelle expansion de l'Otan et le soutien occidental à l'Ukraine. «Il peut choisir la désescalade. Il peut ordonner à ses forces de se retirer», a-t-il ajouté.

Moscou a lié la désescalade à la fin de la politique d'élargissement de l'Alliance atlantique, notamment à l'Ukraine, et au retour des déploiements militaires occidentaux aux frontières de 1997.

ATS