Une start-up estonienne veut réduire radicalement le coût de la défense européenne contre les drones grâce à une nouvelle arme. Le missile «Mark 1», long de 65 centimètres, doit arrêter massivement les drones russes à longue portée. Tout cela à bas prix et de manière optimale.
Cette arme est aussi petite qu'une baguette de pain. A Tallinn, le chef de Frankenburg, Kusti Salm, présente une mousse factice du nouveau «Mark 1». Le missile de défense mesure environ 65 centimètres et doit, selon l’entreprise, être produit en grand nombre avec une nette diminution des coûts actuels. «Nous ne nous excusons pas de produire des armes», déclare Salm selon au «Telegraph». «Et nous disons ouvertement que ces armes doivent abattre des drones russes à longue portée», lance-t-il.
Cette approche contrecarre les systèmes sophistiqués et coûteux de nombreux arsenaux occidentaux. Frankenburg mise sur un appareil de courte portée d'environ 2 kilomètres, des pièces standard robustes, un guidage de cible assisté par IA et une fabrication qui doit être échelonnée à des centaines d'unités par jour. En ce qui concerne le prix, l'entreprise reste vague : le «Tagesspiegel» évoque l'équivalent de 40 000 francs par missile, un coût nettement inférieur à celui des systèmes de défense Stinger ou même Patriot.
Brèche
Lors d'un briefing pendant la «Defence Week» estonienne fin septembre, Salm a critiqué le fait que l'industrie occidentale de la défense aérienne n'avait «pratiquement rien» réalisé au cours des trois dernières années contre la menace des drones. Il estime que l'économie de la défense est décisive. Selon GlobalData/ArmyTechnology, la Russie a produit en 2024 plus de 6000 drones à attaque unique ; en 2025, 500 à 700 appareils ont parfois été lancés en un jour.
Pourquoi cette pression sur les prix ? Le 9 septembre, des avions de l'OTAN ont dû combattre une vingtaine de drones russes au-dessus de la Pologne avec des armes guidées d'une valeur de centaines de milliers de francs par tir, alors que les drones Shahed utilisés par l’armée de Vladimir Poutine ont un prix nettement inférieur. Cette disproportion est considérée comme non durable. Les gouvernements européens prévoient donc un «mur de drones» avec des contre-mesures électroniques et des intercepteurs physiques.
Le «Mark 1» doit précisément s'engouffrer dans cette brèche : en tant qu'intercepteur productible en masse, doté d'un moteur à combustible solide et d'un guidage autonome.
Défi technique
Du point de vue technique, le mini-intercepteur est un défi : dans un format aussi court, la consommation de carburant et la répartition des masses modifient fortement l'angle de vol. Frankenburg expérimente la géométrie des ailes, le centre de gravité et le point de pression. Dans 53 tests de tir, la précision visée a été atteinte jusqu'à présent dans environ la moitié des cas ; à moyen terme, l'objectif est de 90%. Selon le portail spécialisé «ArmyTechnology», l'ogive explose à un ou deux mètres de la cible afin de maximiser son efficacité contre les drones.
Pour Salm, la mission est claire : «Ce sera la capacité dont l'Occident aura le plus besoin dans les cinq à dix prochaines années». La production en série doit apporter l'avantage en termes de coûts qui rendra la défense de l'Europe finançable, notamment dans le duel permanent avec les drones bon marché.
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