Attentats de Paris

Un procès hors normes s'ouvre aujourd'hui 

ATS

8.9.2021 - 05:32

Des kamikazes devant le stade de France, des armes de guerre en plein Paris, 130 morts: la justice française replonge mercredi et pour neuf mois dans l'horreur des attentats djihadistes du 13 novembre 2015, les plus meurtriers commis en France depuis 1945.

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8.9.2021 - 05:32

Une salle de 550 places a été construite spécialement pour les audiences au palais de justice de Paris (archives).
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Ce procès hors normes, la plus grande audience criminelle jamais organisée en France, doit s'ouvrir à la mi-journée au palais de justice de Paris, sous sécurité maximale dans un contexte de menace terroriste toujours élevé. La cour d'assises spéciale doit juger jusqu'à mai 2022, 20 accusés, dont le Franco-Marocain Salah Abdeslam, le seul membre encore en vie des commandos téléguidés par l'EI.

Dix autres hommes, incarcérés pendant la durée du procès dans des prisons de région parisienne, prendront place à ses côtés dans le box des accusés, jugés pour leur participation à ces attaques. La France, déjà secouée par les attentats au mois de janvier précédent contre le journal satirique Charlie Hebdo et un magasin Hyper Cacher, vécut, ce jour-là, ses plus sanglantes attaques de l'après-guerre.

Trois accusés comparaîtront libres sous contrôle judiciaire, six autres seront jugés par défaut. Douze des vingt accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Salle construite pour l'audience

Ce procès «historique» est «celui de tous les superlatifs», a souligné lundi le ministre français de la justice Eric Dupond-Moretti après avoir visité la salle de 550 places construite spécialement pour les audiences, qu'il a qualifiées de «marathon judiciaire». Outre l'ampleur titanesque du dossier, ce procès est inédit en matière criminelle par sa durée et le nombre de parties civiles, près de 1800.

Un des premiers moments forts est attendu dès le 28 septembre avec le début des témoignages de quelque 300 proches de victimes et de rescapés des attaques. Ils doivent se succéder à la barre pendant cinq semaines pour raconter cette nuit d'épouvante et ses séquelles, des drames personnels mêlés à un effroi collectif.

Il est 21h16 ce vendredi 13 novembre 2015 quand la France bascule dans la terreur: un «kamikaze» vient de se faire exploser près du stade de France, où se joue un match amical France-Allemagne. Puis au coeur de Paris, deux commandos de trois hommes mitraillent à l'arme de guerre des terrasses de cafés et de restaurants et tirent sur la foule d'un concert au Bataclan, où l'assaut sera donné peu après minuit.

Une enquête tentaculaire, en collaboration avec la justice belge, a permis de reconstituer largement la logistique des attentats, du parcours à travers l'Europe des membres des commandos, revenus de Syrie par la route des migrants, à leurs planques en Belgique et près de Paris.

ATS