Une candidate de plus dans un camp de gauche affaibli et divisé

ATS

15.1.2022 - 12:40

L'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira a officialisé samedi à Lyon sa candidature à l'élection présidentielle française. Elle affirme vouloir répondre «aux colères» face aux «injustices sociales». De nombreux candidats à gauche sont déjà sortis du bois.

Former left-wing socialist minister Christiane Taubira visits the headquarters of ResoNantes, an association which fight against domestic violence, in Nantes, western France, Monday, Jan. 10 2022. (AP Photo/Jeremias Gonzalez)
Christiane Taubira avait annoncé fin décembre qu'elle envisageait d'être candidate «face à l'impasse» d'une gauche plus que jamais divisée.
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15.1.2022 - 12:40

Mme Taubira a pour objectif de rassembler la gauche, mais la tâche paraît quasi impossible tant ce camp est fragmenté et déjà surchargé de candidats. Son programme repose sur la défense de la jeunesse, la justice sociale ou encore l'écologie.

«La pandémie a révélé une souffrance sociale qui a frappé toutes les générations», a-t-elle déclaré lors d'un rassemblement militant pour l'union de la gauche, dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon. «Je veux un gouvernement qui sache dialoguer au lieu de moraliser et de caporaliser», a-t-elle ajouté, en allusion à la polémique sur les propos du président Emmanuel Macron qui a dit vouloir «emmerder les non-vaccinés» contre le Covid-19.

A moins de trois mois du premier tour, la gauche compte donc désormais six principaux candidats: outre Mme Taubira, le dirigeant radical Jean-Luc Mélenchon, l'écologiste Yannick Jadot, le communiste Fabien Roussel, l'ancien ministre Arnaud Montebourg, toutefois proche d'abandonner, et la maire de Paris socialiste Anne Hidalgo. Aucun pour l'instant ne dépasse la barre des 10% dans les sondages.

Macron pas encore déclaré

Emmanuel Macron, pas encore officiellement déclaré, est toujours donné gagnant au premier tour devant la candidate d'extrême droite Marine Le Pen talonnée par la candidate de droite Valérie Pécresse.

Dernière à entrer dans l'arène, Christiane Taubira avait annoncé fin décembre qu'elle envisageait d'être candidate «face à l'impasse» d'une gauche plus que jamais divisée. Elle avait assuré qu'elle ne serait «pas une candidate de plus» et mettrait «toutes ses forces dans les dernières chances de l'union».

L'ancienne députée de Guyane, région française d'outre-mer où elle est née il y a 69 ans, s'est illustrée pour l'électorat de gauche par son combat pour la loi reconnaissant la traite et l'esclavage comme un crime contre l'humanité et surtout pour avoir porté, en tant que ministre, la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels, adoptée en 2013.

Déjà un essai en 2002

Candidate à la présidentielle en 2002, elle n'avait recueilli que 2,32% des suffrages. Bien qu'elle n'ait pas enregistré pour l'instant de percée dans les sondages (4,5% dans un sondage début janvier), son entourage assure qu'elle suscite toujours «la ferveur» au sein d'un électorat de gauche déboussolé depuis la victoire d'Emmanuel Macron en 2017 et le délitement des partis politiques traditionnels.

«Christiane Taubira veut être l'antidote à la lassitude de l'électorat de gauche qui n'en peut plus de la dispersion», affirme Christian Paul, maire de Lormes, qui fait campagne à ses côtés.

Primaire contestée

Mais la situation reste extrêmement confuse. Mme Taubira compte sur une «investiture» citoyenne portée par un collectif organisant une primaire à gauche du 27 au 30 janvier... à laquelle les autres candidats de gauche ont refusé de participer.

Pour l'instant, cette primaire comptabilise 120'000 inscrits pour voter, et, affirme l'ancienne ministre, son résultat donnera «la plus belle des légitimités» au vainqueur. Une analyse rejetée par les autres candidats, notamment l'écologiste Yannick Jadot, qui s'est lui-même soumis à une primaire dans son camp fin septembre.

La déclaration de Mme Taubira intervient la veille d'un grand meeting de Jean-Luc Mélenchon à Nantes. Le turbulent tribun des Insoumis (gauche radicale), qui a toujours exclu de se rallier derrière un autre candidat de gauche, inaugure à Nantes un meeting «immersif et olfactif», avec l'objectif avoué de se démarquer et d'apparaître innovant et dynamique.

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