Venezuela La présidente demande à Trump la levée des sanctions américaines

ATS

14.3.2026 - 07:10

La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a demandé vendredi à Donald Trump la levée des sanctions américaines «qui affectent les peuples», lors de la réception à Caracas d'une délégation de ministres colombiens.

La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a demandé à Donald Trump la levée du blocus et des sanctions en vigueur (archives).
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a demandé à Donald Trump la levée du blocus et des sanctions en vigueur (archives).
sda

Keystone-SDA

«Les mesures coercitives unilatérales contre le peuple du Venezuela affectent les peuples de notre Amérique latine», a-t-elle déclaré au lendemain de sa rencontre annulée en dernière minute pour raisons de sécurité avec le président colombien de gauche Gustavo Petro. «Elles ont également un impact sur l'économie de la Colombie, sur l'économie du Venezuela et sur nos peuples», a-t-elle ajouté.

Les Etats-Unis ont imposé un embargo pétrolier et des sanctions contre le Venezuela en 2019 après la réélection contestée du président déchu Nicolas Maduro lors de la présidentielle de 2018, boycottée par l'opposition.

Depuis la capture de M. Maduro début janvier, Washington a toutefois allégé ces sanctions et de nombreux analystes estiment qu'elles pourraient être totalement levées dans un avenir proche.

Mme Rodriguez devait effectuer jeudi sa première visite à l'étranger depuis qu'elle est présidente, et retrouver M. Petro à la frontière, côté colombien.

Mais leur rencontre a été annulée au dernier moment pour des raisons de sécurité du côté colombien, a indiqué une source de la délégation colombienne à Caracas.

«Importants accords»

Vendredi, plusieurs ministres colombiens ont fait le déplacement dans la capitale vénézuélienne, pour des réunions portant notamment sur la sécurité avec les ministres de la Défense colombien Pedro Sanchez et vénézuélien Vladimir Padrino Lopez, ou sur l'énergie avec le ministre colombien Edwin Palma (énergie et mines) et vénézuélienne Paula Henao (Hydrocarbures).

«Nous avons une frontière très active et nous sommes appelés à une coordination immédiate, à un échange d'informations permanent, à un travail de renseignement où nous puissions partager nos systèmes de renseignement pour combattre, par exemple, le narcotrafic, pour lutter contre la délinquance organisée et les groupes armés irréguliers», a souligné Mme Rodriguez.

La Colombie et le Venezuela partagent une frontière poreuse de 2200 kilomètres où divers groupes se disputent le contrôle des revenus du narcotrafic, de l'exploitation minière illégale et de la contrebande.

«D'importants accords et de grandes lignes de travail ont émergé, que nous allons accélérer au cours des prochaines semaines», a déclaré le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yvan Gil, sans entrer dans les détails.

«Rien ni personne ne pourra nous séparer en tant que peuples frères», a notamment lancé son homologue colombienne, Rosa Villavicencio.

Président de gauche, Gustavo Petro a condamné l'intervention américaine au Venezuela du 3 janvier mais il avait toutefois en 2024 proposé à Nicolas Maduro d'organiser un nouveau scrutin à la suite des accusations de fraude de l'opposition après sa victoire contestée à la présidentielle de juillet.