Un vent de liberté souffle en Espagne 

ATS

9.5.2021 - 18:09

Un vent de liberté s'est levé dimanche en Espagne, où les habitants sont enfin autorisés à sortir de leur région pour retrouver des proches qu'ils n'avaient pas vus depuis des mois. C'est l'inverse en Tunisie, où un nouveau confinement d'une semaine a commencé.

ATS

9.5.2021 - 18:09

Espagne: vent de liberté avec la levée partielle des restrictions sanitaires

Espagne: vent de liberté avec la levée partielle des restrictions sanitaires

Des centaines de jeunes à Barcelone, en Espagne, célèbrent en dansant et en chantant dans les rues de la ville et sur la plage, alors que le pays a levé l'état d'urgence à minuit précisément, mettant fin à un couvre-feu en place depuis des mois dans de nombreuses régions.

09.05.2021

Dans la plupart des régions d'Espagne, la fin de ce régime d'exception à minuit dans la nuit de samedi à dimanche, a signifié également la levée du couvre-feu comme à Barcelone (nord-est) où cris, applaudissements et musique ont marqué cette liberté retrouvée.

«On dirait le Nouvel An», disait Oriol Corbella, 28 ans, sorti dans les rues comme des centaines de jeunes qui oubliaient souvent les gestes barrière. «On retrouve un peu de normalité, de la liberté, mais il faut garder à l'esprit que le virus est encore présent», ajoutait-il.

À Madrid, Laura, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, avait les larmes aux yeux à la gare d'Atocha en attendant des membres de sa famille venus de la région de Castille-la-Manche (centre). «Ca fait huit mois qu'on ne les a pas vus, c'est beaucoup d'émotion», a expliqué cette femme de 45 ans.

À part à Noël où les restrictions avaient été assouplies durant quelques jours pour permettre les réunions familiales, les Espagnols n'ont pas pu quitter leur région depuis le début de l'état d'urgence fin octobre.

Dissuadées par l'explosion des cas ayant suivi Noël, les autorités avaient maintenu les bouclages de régions pour la Semaine sainte, fête familiale fondamentale en Espagne.

Ces bouclages ont été particulièrement mal vécus par les Espagnols, empêchés d'aller voir leur famille dans une autre région alors que le pays restait ouvert aux touristes étrangers.

Mise en garde

Si elle est synonyme de levée du couvre-feu et d'ouverture des régions, la fin de l'état d'urgence ne signifie toutefois pas la fin des restrictions dans l'un des pays les plus touchés en Europe par la pandémie avec près de 79'000 morts et 3,5 millions de cas.

Les 17 communautés autonomes peuvent, par exemple, toujours limiter les horaires ou la capacité d'accueil des bars, des restaurants ou des commerces.

Elles peuvent aussi demander le rétablissement d'un couvre-feu ou le bouclage de leur territoire mais ont désormais besoin pour cela de l'aval d'un tribunal. Et les décisions diffèrent.

Si l'archipel touristique des Baléares ou la région de Valence ont obtenu le feu vert pour conserver un couvre-feu, le Pays basque (nord) a vu sa demande de bouclage de la région et de couvre-feu rejetée par la justice.

Alors que la météo est clémente, les autorités ont mis en garde la population, fatiguée par plus d'un an de restrictions, contre le risque d'un relâchement excessif.

Il faut éviter d'avoir «une fausse perception (...) Cela ne veut pas dire la fin des mesures de contrôle» de l'épidémie, a insisté jeudi l'épidémiologiste en chef du ministère de la Santé, Fernando Simon.

Confinement en Tunisie

De l'autre côté de la Méditerrannée, un confinement d'une semaine a démarré dimanche en Tunisie, où les hôpitaux ont du mal à gérer l'augmentation des cas de coronavirus.

Les autorités tunisiennes ont averti vendredi que le système de santé menaçait de «s'écrouler» en raison de l'afflux grandissant de malades dans les hôpitaux. Elles ont par conséquent instauré un confinement du 9 au 16 mai.

Il coïncide avec la fête de l'Aïd el-Fitr marquant la fin du mois de jeûne du ramadan, lorsque les musulmans se réunissent traditionnellement en famille ou entre amis, qui est attendue cette année le 13 mai.

Tous les magasins étaient fermés dimanche sur l'avenue Habib Bourguiba, artère de la capitale tunisienne, tout comme dans sa Vieille ville, où se concentrent les boutiques touristiques, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les forces de sécurité ont renforcé le contrôle de la circulation à Tunis. Mais des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montraient une activité quasi-normale dans plusieurs régions de l'intérieur du pays, où des personnes circulaient sans masque ni distanciation physique.

En vertu des nouvelles restrictions anticoronavirus, les rassemblements et fêtes familiales ou culturelles sont interdits et le couvre-feu commence à 19h00 au lieu de 22h00 auparavant, toujours jusqu'à 5h00.

Les mosquées, marchés et commerces non essentiels doivent rester fermés et les déplacements d'une région à l'autre sont interdits. Les écoles sont closes depuis mi-avril.