Voici la seule personne capable de battre Donald Trump à coup sûr

Philipp Dahm

29.6.2019 - 09:00

Bill Maher a trouvé la personne parfaite pour affronter Donald Trump.
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«Il ne peut en rester qu’un», comme le rappelle l’épopée cinématographique «Highlander». Ce credo vaut également pour les démocrates américains s’ils veulent battre Donald Trump aux élections de 2020. Une seule personne peut y parvenir, selon Bill Maher.

Parfois, on ne choisit pas l’histoire, mais c’est l’histoire qui nous choisit, estime Bill Maher. Comme il y a deux mois, lorsque l’enquêteur spécial a été chargé de remettre l’Etat sur les rails face à un «Sénat béni-oui-oui» et à un «larbin de procureur général».

«[Robert] Mueller a entendu l’appel de l’histoire – et il l’a envoyée directement sur le répondeur», affirme le présentateur de «Real Time» pour introduire sa thèse.

«Je pense que l’histoire a choisi une autre personne pour les prochaines élections. Comme Robert Mueller, elle possède des compétences uniques pour assumer la mission urgente consistant à vaincre Donald Trump. Par un caprice du destin, elle seule remplit tous les critères et elle seule peut être la réponse à la question que je pose souvent ici: de qui les démocrates disposent-ils pour vaincre à coup sûr Donald Trump?»

Bien que Bill Maher soit un partisan démocrate déclaré, les principaux candidats du parti à l’heure actuelle en prennent pour leur grade. Si l’on confie les clés du camion à Joe Biden, il pourrait foncer dans le mur, selon Bill Maher, qui le juge aussi attrayant auprès des jeunes qu’une machine à écrire.

Bill Maher apprécie Bernie Sanders, mais il le juge trop vieux pour le poste de président.
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Bill Maher trouve Elizabeth Warren sympathique. Néanmoins, «c’est une femme trisyllabique dans un pays monosyllabique. Beaucoup d’Américains voient une femme avec de nombreux projets, qui semble tout savoir et qui réclame des changements – et ils se disent: "J’ai déjà une femme."»

Quant à Bernie Sanders, son année de naissance en fait un de ces candidats qui ont le numéro de leur cardiologue en raccourci téléphonique, explique Bill Maher. «J’aime aussi le maire Pete [Buttigieg], mais nous devons nous poser cette question: l’Amérique est-elle prête à être dirigée par un adolescent gay? Il a 37 ans et il en fait 27. C’est le seul vétéran d’Afghanistan à être rentré plus frais. S’il faisait du porte-en-porte pendant la campagne électorale, personne ne lui ouvrirait parce qu’on le prendrait pour un mormon.»

Même si Pete Buttigieg apporte un vent d’air frais au sein du Parti démocrate, Bill Maher ne le voit pas remporter une majorité.
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Non, il n’y a personne qui gagnerait à coup sûr parmi ces candidats, selon Bill Maher. Mais un soir, raconte-t-il, alors qu’il prenait ses médicaments, un nom est apparu dans la vapeur au-dessus de lui. «La seule personne qui peut gagner à coup sûr, c’est Oprah Winfrey.»

Comment l’humoriste en vient-il précisément à cette femme de télévision, alors même qu’il affirme ne pas être «fan» et qu’Oprah lui a autrefois rongé ses audiences? Quels critères essentiels la milliardaire est-elle la seule à remplir?

Le Bill Maher d’aujourd’hui (à gauche) s’emploie à raconter comment le jeune Bill Maher a perdu des téléspectateurs au profit d’Oprah Winfrey.
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Premièrement, il est crucial de mobiliser la base afro-américaine. Selon lui, les chiffres des sondages parmi les électeurs noirs s’envoleraient grâce à elle comme la cote de popularité d’une Kardashian. Deuxièmement, la majorité des électeurs sont des femmes et l’électorat démocrate est à 58% féminin. Oprah peut-elle mobiliser ces femmes?» Bill Maher pouffe de rire: «Les femmes aiment encore plus Oprah que ces magasins qui ne vendent que des macarons.» Bill Maher a un troisième argument en faveur de la présentatrice de 65 ans: elle n’effraie pas les hommes blancs.

Taxée de socialisme par Donald Trump, Elizabeth Warren ne cesse de souligner son idéologie capitaliste.
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«Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir que confère le fait d’occuper le salon des gens depuis plusieurs décennies. C’est ce qui a permis à Trump d’être élu […] Les Blancs n’aiment peut-être pas Oprah, mais elle est aussi confortable et familière qu’un short cargo avec une ceinture élastique.»

La maison d’Oprah Winfrey: personne ne peut la taxer de socialisme.
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Il faut être une célébrité pour survivre dans la politique américaine moderne, explique-t-il – c’est ainsi que le singe Bonzo est arrivé à la Maison-Blanche. Ou était-ce Ronald Reagan, son partenaire humain dans le film «Bedtime for Bonzo»?

La ruée vers les urnes attendue si Oprah figure sur les bulletins de vote.
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Bill Maher précise encore qu’il n’approuve pas cette situation et que les choses devraient se passer différemment en politique. Néanmoins, «nous vivons désormais officiellement dans la société post-lettrée, post-vérité et accro aux stars.» Son sombre pronostic est le suivant: «Ce sera la campagne électorale la plus sale de l’histoire.»

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