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L'écrivain et journaliste Roberto Saviano vit sous protection policière depuis qu'il a révélé dans son best-seller «Gomorra» les secrets de la mafia napolitaine, la Camorra, en 2006.
KEYSTONE
L'écrivain et journaliste italien Roberto Saviano a été acquitté jeudi dans un procès pour diffamation contre Matteo Salvini, secrétaire de la Ligue (extrême droite) et vice-Premier ministre. Il l'avait traité de «ministre de la pègre», a indiqué vendredi son avocat à l'AFP.
«Le verdict d'acquittement a été rendu hier, reconnaissant que M. Saviano avait utilisé de manière légitime son droit de critique à l'égard de Matteo Salvini», a déclaré Me Antonio Nobile à l'AFP.
Ce procès en diffamation a débuté en février 2023 mais l'affaire remonte à 2018.
L'écrivain et journaliste Roberto Saviano vit sous protection policière depuis qu'il a révélé dans son best-seller «Gomorra» les secrets de la mafia napolitaine, la Camorra, en 2006.
Lorsque Matteo Salvini avait pris des fonctions de ministre de l'Intérieur, en juin 2018, dans le premier gouvernement de Giuseppe Conte (Mouvement Cinq Etoiles, centre), il avait suggéré d'ôter à l'écrivain cette escorte.
M. Saviano avait alors réagi sur Facebook, qualifiant M. Salvini de «ministre de la pègre», une expression qui, selon lui, a été inventée par le politicien antifasciste Gaetano Salvemini pour décrire un système politique exploitant les électeurs du Sud pauvre de l'Italie.
Roberto Saviano avait accusé Matteo Salvini d'avoir profité des votes en Calabre pour se faire élire sénateur, tout en trahissant la population locale en évitant d'attaquer la puissante mafia locale, la 'Ndrangheta.
Selon le journaliste, M. Salvini avait ignoré les guerres de clans mafieux en Calabre, préférant s'attaquer aux migrants saisonniers de la région travaillant dans le secteur agricole.
L'acquittement «est la preuve que Saviano avait exprimé une critique sans aucun doute dure mais justifiée», a ajouté Me Nobile.
En octobre 2023, M. Saviano a cependant été condamné à 1'000 euros d'amende avec sursis pour avoir diffamé la première ministre d'extrême droite Giorgia Meloni, qu'il avait injuriée en 2020 en raison de ses positions anti-migrants.