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Donald Trump jauge aussi les dirigeants étrangers et réserve ses compliments à ceux qu'il apprécie. Il trouve par exemple «séduisant» le président du Paraguay Santiago Pena ou le dirigeant syrien Ahmad al-Chareh.
KEYSTONE
Un «beau mec» avec des bras «comme de l'acier» et des «cuisses comme des troncs»: il se passe rarement une semaine sans que le président américain Donald Trump ne fasse des commentaires flatteurs à propos d'hommes qu'il rencontre.
Cette fascination presque comique du milliardaire républicain participe, selon les experts, d'une exaltation généralisée de la virilité, illustrée aussi par sa décision d'accueillir dimanche une compétition de MMA, sport de combat particulièrement brutal, à la Maison-Blanche.
«C'est comme s'il essayait d'atteindre cette virilité glorifiée qu'il ne peut plus incarner», analyse pour l'AFP Sabrina Karim, professeure de sciences politiques à l'université Cornell, qui s'inquiète d'une vision qui viendrait légitimer la violence masculine.
Relevant que le tournoi d'arts martiaux mixtes aura lieu le jour des 80 ans du dirigeant républicain, elle ajoute: «Il vieillit. Donc, il ne peut s'empêcher d'avoir ce sentiment de perte» qui le conduit à noter avec toujours plus d'acuité la jeunesse ou la vigueur des hommes autour de lui.
Pendant une récente cérémonie de remise de diplômes de gardes-côtes, le républicain a invité sur scène un jeune homme ayant particulièrement brillé aux épreuves sportives. «Je veux le voir de près. Ouah!» s'est exclamé le président américain, en le voyant arriver.
En déplacement dans le Wisconsin, Donald Trump a croisé Jordan Stolz, double champion olympique de patinage de vitesse et lancé: «J'ai oublié de lui toucher la jambe», en louant son physique athlétique.
Il a aussi parlé du bras «semblable à de l'acier» d'un cadet de la marine et qualifié Jaxson Dart, quarterback de l'équipe de football américain des New York Giants, de «beau mec» aux jambes «comme des troncs d'arbres».
Donald Trump jauge aussi les dirigeants étrangers et réserve ses compliments à ceux qu'il apprécie. Il trouve par exemple «séduisant» le président du Paraguay Santiago Pena ou le dirigeant syrien Ahmad al-Chareh.
En 2024 le milliardaire, alors candidat, avait évoqué les attributs virils supposément impressionnants du golfeur Arnold Palmer: «J'aime les femmes, mais cet homme, c'était un homme, un vrai [...] Je ne veux pas en parler, mais quand il prenait des douches avec d'autres professionnels, ils ressortaient en disant: 'Oh, mon Dieu, c'est incroyable'».
«Il est devenu clair que Donald Trump aime les beaux mecs», relevait récemment le magazine gay The Advocate, en ajoutant, de manière moqueuse, que la compétition à venir de MMA était «le spectacle homo-érotique le plus sophistiqué de l'histoire».
Dans la même veine, l'animateur du compte «Branhattan» sur le réseau social Instagram amuse ses quelque 794'000 abonnés avec des vidéos parodiques intitulées «Tr*mp est né pour être un homosexuel», dans lesquelles il double le président américain avec mimiques suggestives et clins d'oeil appuyés.
Le président lui-même se vante souvent d'avoir emprunté à la communauté homosexuelle ce qu'il appelle son «hymne national», le tube des Village People «YMCA», qui conclut systématiquement ses réunions électorales.
Tout cela est «très ironique. Ce même gouvernement a travaillé sans relâche pour bannir les personnes LGBTQ de l'armée, effacer l'histoire des personnes transgenres dans les archives officielles, et signaler [...] que les homosexuels ne sont pas bienvenus en Amérique», critique The Advocate.
«La présidence américaine a toujours été un concours de virilité», explique à l'AFP Dan Cassino, professeur à l'université Fairleigh Dickinson University. Donald Trump «s'est saisi de ce registre qui était implicite [et] en a fait quelque chose d'explicite».
Le milliardaire, qui a organisé des concours de beauté, fait aussi des commentaires sur les femmes. Il avait notamment suscité un certain émoi diplomatique en louant l'apparence de la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni.
Il a au contraire attaqué l'apparence d'une journaliste du New York Times, qui avait écrit un article sur sa santé, et a reproché à une vedette de CNN, chaîne télévisée qu'il déteste, de n'être pas assez avenante. «Une jolie jeune femme. Jamais un sourire», lui a-t-il lancé.
Pour mobiliser la base «MAGA» (Make America Great Again) et en particulier les jeunes hommes qui ont été nombreux à voter pour lui en 2024, Donald Trump va «d'abord dénigrer les femmes», note Dan Cassino, puis «mettre en valeur les hommes qui ont les qualités» requises, comme par exemple les athlètes qui s'affronteront lors du tournoi de MMA.
Ce sont des hommes «jeunes, musclés, forts et prêts à la violence. Ils ressemblent aux images de lui-même trafiquées par IA que Trump publie sur les réseaux sociaux. Le message est clair: les hommes sont comme cela et c'est pour cela qu'ils doivent diriger», résume le politologue.