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Un enfant cherche du plastique dans une décharge de la ville de Gaza, lundi 8 juin 2026. (AP Photo/Jehad Alshrafi)
KEYSTONE
Le monde s'est installé dans un niveau de violence élevée, selon une étude norvégienne publiée mardi. L'an dernier a connu le plus grand nombre de conflits étatiques depuis la fin de la seconde guerre mondiale et une explosion des attaques visant des civils.
«Malheureusement, il n'y a pas grand-chose de positif que je puisse extraire de tout cela», a déclaré Siri Aas Rustad, chercheuse à l'institut de recherche sur la paix d'Oslo (PRIO), en présentant le rapport annuel «Conflict Trends». «D'habitude, j'arrive toujours à trouver quelque chose de positif, mais, cette année, les chiffres sont choquants», a-t-elle dit.
En 2025, 65 conflits impliquant au moins un Etat ont été enregistrés dans le monde, soit un nouveau plus haut historique depuis 1946. Le nombre de conflits interétatiques a aussi doublé en un an pour passer à huit, là aussi un record en 80 ans.
Parmi eux figuraient des tensions frontalières ravivées entre l'Inde et le Pakistan, l'Afghanistan et le Pakistan, ainsi que le Cambodge et la Thaïlande, l'invasion russe de l'Ukraine, l'opération militaire israélienne en Syrie, autour du plateau du Golan occupé, après la chute du régime Assad, ainsi que plusieurs conflits liés aux tensions régionales au Moyen-Orient.
L'année 2025 a été la troisième plus meurtrière depuis la fin de la guerre froide, avec environ 245'000 morts directement liées à des combats ou à des violences politiques, dont près de 76'500 imputées à des attaques visant directement des civils, contre 14'200 en 2024.
La nette augmentation de cette dernière donnée est due au conflit entre l'armée et les paramilitaires au Soudan, où l'on estime que le siège et les massacres perpétrés à El-Facher (Darfour) ont fait à eux seuls quelque 60'000 morts.
«Ce qui s'est passé ces cinq ou six dernières années, c'est que nous avons plusieurs grands conflits qui se déroulent en même temps et ils semblent se relayer les uns les autres. Le monde ne connaît aucun répit», a souligné Mme Rustad.
«Et c'est ce qui diffère d'avant: ce niveau d'intensité élevé et continu des conflits à l'échelle mondiale», a-t-elle dit, en rappelant que la planète avait connu plusieurs années sans aucun conflit entre Etats durant la décennie 2000-2010.
«Il y a clairement davantage de tensions dans le monde. On peut dire sans trop se tromper que les Etats-Unis y sont pour beaucoup. Ils ne se contentent pas d'attaquer et d'accroître la violence, il y a aussi les barrières commerciales qu'ils mettent en place» depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, a aussi avancé la chercheuse.
Et Israël «est clairement un des pays les plus agressifs dans le monde en ce moment», a dit Mme Rustad en notant son implication dans des conflits de différents types à Gaza, en Syrie, au Liban, contre l'Iran et contre les rebelles houthis au Yémen.
L'Afrique est restée la région la plus touchée par les conflits du premier type (29). Suivent l'Asie, le Moyen-Orient, l'Amérique et l'Europe.