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Signaler maintenantLes magistrats du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), deuxième juridiction de France, ont dénoncé lundi «l'hypocrisie» du garde des Sceaux Gérald Darmanin sur la priorisation des contentieux liés aux violences faites aux enfants, et pointé un manque de moyens.
Dans leur motion, votée à l'unanimité lundi, les magistrats, du siège et du parquet, rappellent partager «l'émotion causée par la mort» de Lyhanna, 11 ans, mais ils dénoncent «l'aveuglement» des pouvoirs publics face à la situation des juridictions et évoquent un «abandon des acteurs de la protection de l'enfance».
Ce texte fait suite aux propos de Gérald Darmanin, lundi, depuis la place Vendôme, demandant une «mobilisation générale» des magistrats afin de «faire la vérité» après la mort de la collégienne.
«Il ne nous a manqué ni de moyens, ni de loi, il nous a manqué de prioriser des viols sur les mineurs», a insisté le ministre de la Justice, après avoir réuni dans la matinée, à la Chancellerie, les procureurs généraux pour leur demander de «reprendre l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants», soit environ 70.000.
Après ces propos, les magistrats de Bobigny dénoncent «l'absence de priorisation du contentieux des violences faites aux enfants et l'hypocrisie de l'affirmation contraire, alors que le ministère de la Justice a publié 64 circulaires et dépêches en 2025 et 53 en 2026, faisant de chaque actualité une nouvelle priorité de politique pénale, sans allouer aux juridictions les moyens pour les mettre en œuvre».
Ils rappellent que le parquet des mineurs de Bobigny compte 12 magistrats pour un territoire de 1,7 million d'habitants, dont 28% de mineurs, soit un juge pour 39.666 mineurs.
Les magistrats relèvent en outre une augmentation importante du nombre d'informations judiciaires ces dernières années, sans création de postes supplémentaires, ainsi qu'un manque de moyens dans les services d'enquête, avec parfois seulement «un ou deux enquêteurs dédiés aux enquêtes concernant les mineurs victimes» dans certains commissariats du département.
Face à cette situation, les magistrats affirment être contraints à «un tri permanent» entre les urgences et dénoncent «un sous-effectif chronique».
Les signataires estiment enfin que la «délation de magistrats» après la mort de Lyhanna, engagée «sans attendre les conclusions de l'enquête administrative et au mépris du contexte de leur activité», relève d'un «raisonnement fallacieux visant à identifier des responsabilités individuelles pour mieux occulter des difficultés structurelles et systémiques».
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