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Ce croquis réalisé le 19 mai 2026 montre Martin Ney, accusé de l'enlèvement et du meurtre de Jonathan Coulom, âgé de 10 ans et disparu en avril 2004, dans la salle d'audience lors du premier jour de son procès à Nantes, dans l'ouest de la France.
AFP
Avant la mise en cause de Martin Ney, un criminel allemand jugé par la cour d'assises de Loire-Atlantique, les investigations sur le meurtre en 2004 de Jonathan, 10 ans, ont privilégié pendant plusieurs années la piste locale, a retracé jeudi un ancien enquêteur.
La disparition de Jonathan Coulom, qui séjournait avec sa classe dans un centre de vacances de Saint-Brévin-les-Pins, est constatée le 7 avril 2004 au matin.
Le corps du petit garçon, lesté d'un parpaing, est retrouvé le 19 mai dans un étang situé à une trentaine de kilomètres de là.
L'autopsie ne permet pas de déterminer précisément la durée d'immersion du corps mais celle-ci pourrait se situer «entre une et trois semaines», selon les experts.
Ces conclusions orientent l'enquête vers la piste d'un individu local qui aurait pu séquestrer l'enfant. L'étang n'est par ailleurs pas visible depuis les routes alentour, relève les enquêteurs.
Dès le 22 avril, avant la découverte du corps, des policiers allemands se rendent en France: ils enquêtent sur plusieurs meurtres d'enfants commis dans des circonstances approchantes et s'intéressent aussi à des cas d'agressions sexuelles dans des centres de vacances. Le suspect est mobile, de grande taille, vêtu de noir.
«Ils sont persuadés que c'est leur auteur mais qu'est-ce qu'ils nous apportent à part un signalement ? Il n'y a pas d'éléments tangibles qui pourraient nous permettre de faire des investigations. La piste allemande, ça veut dire quoi, on va où ?», a déclaré jeudi un gendarme aujourd'hui retraité, qui a dirigé l'enquête pendant trois ans.
En 2008, un nouveau rapport estime que la durée d'immersion du corps de Jonathan ne peut pas être établie de façon précise, et qu'elle pourrait remonter au 15 avril – date à laquelle un témoin dit avoir remarqué une «masse» flottant à la surface de l'étang – voire à la date de la disparition de l'enfant.
Martin Ney est interpellé en 2011 en Allemagne et condamné l'année suivante à la perpétuité pour trois meurtres d'enfants et neuf agressions sexuelles, qu'il a avoués. Il a toujours nié avoir tué Jonathan.
L'enquête a connu un tournant en 2017, quand un ancien codétenu de Martin Ney a affirmé avoir recueilli ses confidences.
Ses déclarations font écho au témoignage d'un agriculteur qui affirmait des années plus tôt avoir croisé un soir d'avril 2004 un individu conduisant une berline immatriculée en Allemagne.
Le procès est prévu jusqu'au 5 juin.
ld/mb/sp