Vous avez trouvé une erreur?
Signaler maintenant
Des femmes afghanes travaillent sur un métier à tisser dans une maison à Kandahar, en Afghanistan, le 14 février 2024 (archives).
KEYSTONE
L'ONU a exprimé lundi son «inquiétude» après une série d'arrestations d'Afghanes à Kaboul, interpellées pour le port inapproprié de la tenue islamique prescrite par les talibans au pouvoir, qui réfutent toute arrestation.
De retour au pouvoir depuis 2021, les autorités talibanes imposent une vision ultra-rigoriste de la loi islamique et exigent que toutes les femmes soient couvertes des pieds à la tête (hijab).
Dans un communiqué, la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) s'est dite inquiète «de l'arrestation de nombreuses femmes et filles à Kaboul entre le 16 et le 19 juillet, en raison du non-respect présumé des instructions des autorités de facto concernant le port du hijab».
Des témoins ont indiqué à l'AFP avoir vu, ces derniers jours, des brigades du ministère de la Propagation de la vertu et Prévention du vice (PVPV) patrouiller dans certains des quartiers les plus fréquentés de la capitale afghane et interpeller des femmes.
«Ces femmes portaient une abaya et un voile et portaient beaucoup de maquillage. Des membres femmes des brigades de la PVPV ont tenté de les faire entrer dans une voiture mais n'y sont pas parvenues», a déclaré à l'AFP Osman, dont le prénom a été modifié en raison de la sensibilité du sujet.
«Puis j'ai vu un de leurs collègues avec une arme à la main les pousser à l'intérieur d'un van», a ajouté cet habitant de Kaboul.
Sollicité par l'AFP, le ministère de la PVPV a indiqué avoir «seulement promu le port du hijab» auprès de la population.
«Il n'y a pas eu d'arrestations et personne n'a été envoyé en prison», a déclaré dimanche à l'AFP Saiful Islam Khyber, porte-parole du ministère.
La Manua a déploré des «incidents (qui) contribuent à isoler davantage les femmes et les filles, à entretenir un climat de peur et à saper la confiance de la population», précisant avoir pris langue avec les autorités à ce sujet.
Ces quatre dernières années, les femmes ont été progressivement ostracisées par les talibans, qui leur ont interdit l'accès aux parcs, aux salles de sport, aux instituts de beauté et aux universités, poussant l'ONU à dénoncer un «apartheid de genre».
Une loi leur interdit de chanter ou de déclamer de la poésie et les incite à «voiler» leur voix, tandis que certaines radios et télévisions locales ont cessé de diffuser des voix féminines.
Le gouvernement taliban assure que la loi islamique «garantit» les droits de chacun et que les critiques faisant état de discriminations sont «infondées».