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La déclaration de Trump tombe le jour même de l’arrestation d’un soldat des forces spéciales américaines (archives).
IMAGO/MediaPunch
Pour la première fois, le président américain Donald Trump a admis publiquement que les paris sur les événements géopolitiques avaient échappé à tout contrôle. Interrogé par un journaliste au sujet de paris suspects liés à ses propres annonces concernant l'Iran, il a affirmé que le monde ressemblait désormais, à son grand regret, à un vaste casino.
C’était un moment rare, presque incongru: une pointe d’autocritique. Interrogé, peu avant ses propres annonces politiques, sur ces paris à plusieurs milliards qui agitent les marchés, Trump lâche: «Le monde entier est malheureusement devenu un peu comme un casino, cela arrive partout, avec des gens qui misent partout.» Puis, comme à contrecœur: «Je ne suis pas content de ça.»
Ce qu’il ne dit pas, en revanche, c’est qu’il alimente lui-même la table de jeu. Ses prises de parole servent de carburant aux spéculations. Autour de ses décisions sur l’Iran, des milliards ont ainsi été déplacés à répétition sur des contrats à terme pétroliers, systématiquement quelques minutes avant ses publications sur les réseaux sociaux.
Le 23 mars, près de 580 millions de dollars de contrats à terme changent de mains en deux minutes, juste avant qu’il n’évoque des « discussions productives » avec Téhéran. Le 7 avril, rebelote : 1,7 milliard de dollars s’échangent, trois heures avant l’annonce d’un cessez-le-feu. Le hasard a bon dos.
La déclaration de Trump tombe le jour même de l’arrestation d’un soldat des forces spéciales américaines. Peu avant l’annonce par Trump de l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro, celui-ci aurait misé plus de 33 000 dollars sur la plateforme de prévision Polymarket. empochant à la clé plus de 400 000 dollars.
Trump affirme ne pas en connaître les détails. Mais il déroule tout de même une comparaison bien choisie: celle avec Pete Rose, légende du baseball suspendue à vie pour avoir parié sur sa propre équipe. Une analogie qui claque, et qui laisse planer un parfum trouble.
À Washington, la pression monte. Depuis des semaines, les démocrates réclament l’ouverture d’une enquête. La sénatrice Elizabeth Warren dégaine une lettre à la CFTC, le gendarme américain des marchés à terme, pour exiger des comptes sur ces transactions. Le représentant Ritchie Torres en remet une couche, élargissant la demande aux paris liés à la récente prolongation du cessez-le-feu. La CFTC, elle, a bien ouvert une enquête, mais se mure dans le silence.
Du côté de la Maison Blanche, la ligne est double. Officiellement, « aucune preuve » de délit d’initié impliquant des employés du gouvernement. Officieusement, un e-mail interne expédié à tous les collaborateurs pour leur rappeler l’évidence: ne pas utiliser d’informations confidentielles à des fins de trading. Un rappel qui, en creux, en dit long et que les observateurs n’ont pas manqué de relever.
L’économiste Todd Philips, de l’université d’État de Géorgie, tranche sans détour: «Ces marchés ont besoin d’une régulation. Nous ne pouvons pas laisser des gens faire du trading avec des informations privilégiées et espérer que les autres continuent à jouer le jeu.»
Notice sur l’IA: cet article a été traduit de l’allemand à l’aide de l’intelligence artificielle.