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epa11811072 France's Prime Minister Francois Bayrou looks on as he attends a ceremony on the Richard Lenoir boulevard as part of the commemorations marking 10 years since an Islamist attack on the Charlie Hebdo satirical newspaper and the Hypercacher Jewish supermarket, in Paris, France, 07 January 2025. Twelve people died in the attacks, including eight editorial staff, while a separate but linked hostage-taking at a Jewish supermarket in eastern Paris by a third gunman on 09 January 2015 claimed another four lives. EPA/LUDOVIC MARIN / POOL MAXPPP OUT
KEYSTONE
Le Premier ministre français François Bayrou, éclaboussé par une affaire de violences sexuelles durant des décennies dans un établissement scolaire, notamment lorsqu'il était ministre de l'Education, a cherché de nouveau à se défendre vendredi, dénonçant une «mécanique du scandale» visant sa «famille» pour «l'atteindre politiquement».
François Bayrou, ministre de l'Education de 1993 à 1997, a scolarisé certains de ses enfants dans cet établissement du sud-ouest de la France, où son épouse a enseigné le catéchisme.
Dans une vidéo diffusée jeudi par le site d'investigation Mediapart, une ancienne professeure de l'établissement réaffirme avoir alerté le couple au milieu des années 1990.
«Ces protagonistes, je ne les connais pas, ma femme non plus», a rétorqué vendredi M. Bayrou. «Il n'y a rien de plus infamant que de viser la famille de quelqu'un pour l'atteindre politiquement», a lancé le centriste qui répète, depuis deux semaines, n'avoir «jamais été informé» dans le passé des faits dénoncés aujourd'hui --des témoins affirmant le contraire.
Le chef du gouvernement, 73 ans, a expliqué avoir déjà «fait la preuve que quand (il a) été informé d'une claque, (il a) demandé une inspection générale».
«Après, je n'étais plus ministre, j'ai apporté les documents qui prouvait que le gouvernement de l'époque avait été directement informé», a-t-il ajouté, visant le gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002). «Et depuis 25 ans, il n'y a plus eu hélas aucune alerte», a-t-il regretté.
Dans le cadre de cette affaire, trois hommes -- un religieux et deux laïcs nés en 1931, 1955 et 1965-- ont été interpellés mercredi pour des «viols aggravés, agressions sexuelles aggravées et/ou violences aggravées» de 1957 à 2004.
Le prêtre nonagénaire a été relâché jeudi, sans précision du parquet sur la suite de la procédure judiciaire. Les victimes espèrent des inculpations à l'issue des gardes à vue des deux surveillants, vendredi en début d'après-midi.
Ces interpellations sont intervenues un an après le lancement d'une vaste enquête sur cet établissement presque bicentenaire, longtemps réservé aux garçons, avec son pensionnat à la réputation stricte.
Bétharram doit faire l'objet d'une inspection académique la semaine du 17 mars.
Mme Borne a annoncé vouloir accélérer les contrôles des établissements privés, quasi inexistants jusque-là, «avec un objectif 40%» dans les 24 mois.
«J'ai subi des punitions, des violences, on nous caressait à la sortie des douches, personne ne disait rien, on avait neuf ans !», enrage auprès de l'AFP Brice Ducos, 49 ans, interne à Bétharram entre 1984 et 1991, ciblant l'un des deux surveillants surnommé Cheval à l'époque.
Allusion à la chevalière qu'il portait à une main et qu'il retournait avant de gifler un élève, en lui disant: «Regarde ce que tu m'obliges à faire», témoigne un autre ancien, scolarisé de 1973 à 1980, qui a requis l'anonymat.
Antoine (prénom modifié), 48 ans, incrimine, lui, l'autre surveillant, évoquant des agressions sexuelles sous la tente lors de sorties scouts, puis des masturbations hebdomadaires, quatre ans durant, quand il habitait chez lui.
Jean-Marie Delbos, 78 ans, accuse, lui, le nonagénaire, «jeune ecclésiastique» quand il le vit arriver au dortoir en 1957. Il «venait la nuit, soutane ouverte, s'accroupir au pied du lit pour faire des attouchements et des fellations», raconte-t-il.
Des «faits graves», «en contradiction totale avec l'esprit de l'enseignement catholique», a réagi jeudi la Conférence des évêques de France.