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France

Critiqué, Bayrou veut croire en un compromis sur le budget

Bayrou a proposé hier soir un budget très controversé (archives).

Bayrou a proposé hier soir un budget très controversé (archives).

ats

Certains alliés critiques, des oppositions virulentes: le Premier ministre français François Bayrou est sur la corde raide pour faire adopter son plan de rigueur budgétaire et échapper à la censure à l'automne, mais le gouvernement veut croire qu'il existe des marges de négociation.

Rédaction blue News
Keystone-SDA

Rédaction blue News, Keystone-SDA

16.07.2025, 22:34

Au lendemain des annonces-choc du Premier ministre, dont la suppression de deux jours fériés et le gel des prestations sociales et des retraites, pour réaliser 43,8 milliards d'euros «d'économies» en 2026, ses fidèles ont continué à défendre un effort «indispensable» et «équitablement réparti».

Le président Emmanuel Macron a salué en conseil des ministres un plan qui a «la vertu du courage, de l'audace et de la lucidité», selon la porte-parole du gouvernement. Il a défendu une «stratégie solide» dont «le pays a besoin», notamment pour «réformer».

Et si d'autres forces politiques «ont des idées plus intelligentes», le Premier ministre «les recevra», a lancé le chef de l'État. Il ne s'est en revanche pas prononcé sur la proposition du gouvernement de supprimer deux jours fériés. En 2019 il avait dit qu'il n'y était «pas favorable».

Partenaires divisés

Mais les partenaires du Premier ministre au sein du «socle commun» – les partis du centre et de droite qui le soutiennent, mais n'ont pas la majorité à l'Assemblée nationale – ont semblé divisés.

Le chef de file des députés Renaissance – le parti de M. Macron (centre) – Gabriel Attal a salué sur X «la volonté du Premier ministre» de faire face à «l'ampleur du redressement budgétaire à faire, et la reprise de notre désendettement».

Alors que l'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle Edouard Philippe (centre-droit) ne trouvait, dans Le Parisien, «quasiment rien dans ce que propose François Bayrou» qui «règle le problème», sauf «un plan d'urgence» qui a «tout le mérite d'un plan d'urgence, mais aussi ses limites».

«Jalons»

A droite, le président des Républicains (LR) et ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a estimé qu'un «parti de gouvernement» comme le sien «ne peut pas se défausser» sur le budget et promis de travailler à des «propositions», tout en reconnaissant que M. Bayrou avait posé «un certain nombre de jalons» sur la dette.

Dans un communiqué, il a souhaité «amender» les mesures touchant les retraités. «Tout est négociable, sauf les 43,8 milliards d'économies», lui a répondu sur BFMTV la porte-parole du gouvernement (qui appartient au même parti), Sophie Primas, en défendant un effort «collectif».

S'attaquer à «l'assistanat»

Pour le chef de file des députés LR, Laurent Wauquiez, le plan a «le mérite de chercher des solutions» mais il doit être «corrigé et amélioré» en s'attaquant à «l'assistanat» et aux «dépenses indues liées à l'immigration».

Enfin, rien ne semblait trouver grâce au Rassemblement national (RN, extrême droite) ou chez La France insoumise (LFI, extrême gauche). Dès mardi, la cheffe de file du RN Marine Le Pen a agité la censure.

Chez LFI, le président de la commission des Finances à l'Assemblée, Eric Coquerel, veut censurer «au plus vite ce budget trumpiste» et attend «évidemment les socialistes au rendez-vous».

«Personne ne veut voter un tel budget», a jugé le rapporteur du budget Charles de Courson (Liot, centre-droit), qui se demande si «le Premier ministre, en faisant cela, n'organise pas sa sortie».

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Budget

Le Pen «croit peu» à une non-censure, et entend bien se présenter en cas de dissolution

«Discuter»

Aucune censure ne pourra toutefois être votée sans le Parti socialiste (PS, gauche). Et le gouvernement veut croire un «compromis» possible comme pour le budget 2025.

«Nous allons discuter avec tous les partis. Evidemment, il y a probablement davantage de possibilités de parvenir à un accord avec le Parti socialiste», a reconnu Eric Lombard, le ministre de l'Economie.

Mais si le PS n'a pas fermé la porte à une discussion, il tire à boulets rouges sur la copie gouvernementale. «Les propositions du gouvernement ne sont pas acceptables et n'offrent pas de base de négociation», a prévenu le chef de file des députés PS Boris Vallaud, dénonçant un «musée des horreurs libérales».

«Imposer les milliardaires»

Les socialistes entendent discuter sur la base de leurs propres propositions, dont la taxe dite Zucman, qui consiste à imposer à hauteur de 2% le patrimoine des milliardaires.

Mais le gouvernement ne veut pas de cet impôt «extrêmement injuste» qui entraînerait «une fragilisation (du) système économique», selon Mme Primas. Il se contente de maintenir la contribution différentielle sur les hauts revenus aux contours encore flous.

Pour arriver à un accord, le gouvernement mise sur le temps, les discussions budgétaires ne démarrant qu'en octobre.

«On a devant nous beaucoup de temps, ce qui est une chance» même si «nous ne voulons pas que ce compromis ressemble à une entente de couloir», a plaidé la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.

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«Moment critique»

Bayrou présente son plan contre le «danger mortel» de la dette

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