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Un avion Canadair largue de l'eau sur un incendie de forêt qui fait rage à Ponteves, dans le sud de la France, le 22 juillet 2026. Le feu a forcé des dizaines de personnes à évacuer, ont indiqué les services d'urgence.
EPA
Les pompiers luttaient mercredi en France contre deux incendies d'ampleur, l'un en Gironde, où un feu d'une grande virulence a parcouru mercredi plus de 1000 hectares au nord du bassin d'Arcachon et poursuit son avancée, et l'autre dans le Var, où les flammes ne progressent plus après avoir parcouru 2500 hectares.
Selon le ministre français de l'intérieur Laurent Nuñez, plus de 12'500 départs de feu sont intervenus depuis le début de l'année et 44'000 hectares ont déjà brûlé, davantage qu'en 2022, quand des brasiers avaient ravagé le sud-ouest de la France.
Il s'exprimait depuis une caserne de Bordeaux, après avoir rencontré les familles de deux soldats du feu décédés mardi en luttant contre un incendie aux abords de l'aéroport de la ville.
Selon la préfecture de Gironde, 700 personnes ont dû quitter leur domicile par précaution dans la commune du Porge. 3500 occupants d'un camping ont également été déplacés dans la commune voisine de Lacanau.
Evoquant un feu d'une virulence «rare», le capitaine des pompiers Wilfried Schneider a souligné le «peuplement très dense de pins très rapprochés, typique du massif», alors que la surface parcourue par les flammes a été multipliée par six en moins de trois heures.
Dans le Var, l'incendie, parti mardi à la mi-journée d'un champ à Pontevès, a parcouru près de 2500 hectares, selon Anne-Cécile Vialle, sous-préfète de Brignoles.
Le feu a rapidement enflammé le Gros Bessillon, moyenne montagne du centre Var, l'un des départements les plus boisés de France. Il a menacé plusieurs villages provençaux pittoresques, notamment Cotignac, Correns et Montfort-sur-Argens.
Près de 400 personnes ont dû être évacuées mardi et «n'ont pas été invitées à retourner chez elles», a précisé Mme Vialle. Trois salles communales ont été mises à disposition pour les évacués.
Le vent qui devrait tomber mercredi soir avec un air plus humide devrait faciliter le travail des pompiers «avant une nouvelle journée à haut risque demain» jeudi, «en raison d'une reprise du mistral dans l'après-midi», selon la préfecture.
Bâtisse à la toiture effondrée, façades noircies, squelettes d'arbres et camionnettes calcinées: en périphérie de Cotignac, (2200 habitants) le paysage était apocalyptique mercredi, a constaté un journaliste de l'AFP.
Avec encore 1100 pompiers sur le terrain et des renforts venus d'une dizaine de départements, deux Canadair, trois hélicoptères bombardiers d'eau et deux avions dash en action, l'objectif est d'"essayer de contenir le feu», avait souligné le colonel Philippe Raison, chef-adjoint des pompiers du département.
Dans la région, une soixantaine d'habitations a été affectée par le feu et dix maisons détruites, selon un nouveau recensement préliminaire de la préfecture.
Deux sites religieux de Cotignac, le sanctuaire Notre-Dame et le monastère Saint-Joseph, ont été «sauvés des flammes», selon les services préfectoraux.
Face au risque extrême d'incendie, tous les massifs du Var sont fermés ainsi que de nombreux autres dans les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône.
Ces dernières semaines, les pompiers sont confrontés à des départs de feu quotidiens à travers toute la France. Aggravée par des canicules à répétition et une forte sécheresse favorisées par le dérèglement climatique, la saison des feux en 2026 a débuté plus tôt que d'ordinaire.
«Épuisés», les syndicats de sapeurs-pompiers sonnent l'alarme sur le manque de moyens humains et de matériels face à la multiplication des incendies à travers le pays, jusque dans des régions auparavant épargnées.
Le porte-parole de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Éric Brocardi, pointe une situation de «tensions permanentes» face à la «surcharge opérationnelle» des sapeurs-pompiers.
Soulignant que «95% des feux se combattent par des moyens terrestres» et jugeant les moyens aériens «suffisants», le ministre de l'intérieur a estimé que «nous faisons face». «Donc il y en a un peu assez de ces polémiques», a déclaré Laurent Nuñez. «On est un pays qui sait aussi gérer des crises. On l'a démontré».