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Le chancelier Friedrich Merz (à dr.), lors d'une conférence de presse commune avec Ilham Aliev
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L'Azerbaïdjan et l'Allemagne ont acté mardi un rapprochement couvrant notamment l'approvisionnement énergétique, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev pressant en outre la Banque européenne d'investissement (BEI) de financer de nouveau la construction de gazoducs.
«Nous voulons poursuivre la diversification de notre approvisionnement énergétique avec l'Azerbaïdjan», a déclaré le chancelier Friedrich Merz, lors d'une conférence de presse commune avec Ilham Aliev qu'il a reçu à Berlin.
«L'agenda stratégique» entre les deux pays signé mardi à Berlin mentionne explicitement une coopération accrue pour «les flux énergétiques, y compris le gaz», selon le texte envoyé par le gouvernement allemand.
L'Azerbaïdjan est devenu ces dernières années un fournisseur d'énergie clé pour l'Europe, alors que les pays européens cherchent des alternatives au pétrole et au gaz russes à la suite de la guerre en Ukraine, et que le conflit iranien met en lumière la fragilité des routes énergétiques mondiales.
Mais pour fournir plus de gaz, que Bakou a commencé à livrer à Berlin début 2026, l'Azerbaïdjan a besoin «de nouvelles liaisons et de nouveaux gazoducs» et donc de «moyens destinés aux investissements à réaliser», a déclaré Ilham Aliev.
Car les gazoducs trans-adriatique (TAP) et trans-anatolien (TANAP), qui débouchent en Europe en passant par la Géorgie et la Turquie, «fonctionnent à pleine capacité», a-t-il ajouté.
La capacité du TAP peut être doublée mais au prix de lourds investissements. Or, la BEI a décidé en 2019, soit avant la guerre en Ukraine, de ne plus financer les projets liés aux énergies fossiles afin de favoriser des énergies plus propres.
Lors d'un déplacement à Bakou le 1er juillet, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait annoncé jusqu'à 200 millions d'euros de subventions européennes pour des «liaisons de transport, d'énergie et numériques à travers le Caucase du Sud», sans mentionner ce sujet précis.
«Il ne serait évidemment pas inutile que les banques européennes reconsidèrent leurs décisions à cet égard, surtout» avec une crise au Moyen?Orient qui «s'aggrave» d'un côté, et des raffineries russes «détruites» ou «hors service» de l'autre, a ajouté Ilham Aliev à Berlin.
La guerre au Moyen-Orient a entraîné des difficultés d'exportation de producteurs majeurs comme le Qatar, faisant augmenter fortement le prix du gaz.
Selon une prévision de croissance de l'institut économique allemand Ifo publiée mi-juin, soit avant la reprise des frappes entre États-Unis et Iran début juillet, la flambée des prix du carburant causée par la fermeture du détroit d'Ormuz coûtera 0,4 point de pourcentage au PIB allemand en 2026 et en 2027.