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Le parlement hongrois met les bouchées doubles pour déraciner la «mafia» Orban
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«Feu purificateur»

Le parlement hongrois met les bouchées doubles pour déraciner la «mafia» Orban

En seize ans de pouvoir, le nationaliste Viktor Orban a remodelé les institutions du pays d'Europe centrale de 9,5 millions d'habitants pour le transformer en une démocratie «illibérale».

En seize ans de pouvoir, le nationaliste Viktor Orban a remodelé les institutions du pays d'Europe centrale de 9,5 millions d'habitants pour le transformer en une démocratie «illibérale».

Omar Havana/AP/dpa

Pas de vacances en vue pour les députés hongrois: ils doivent examiner un texte après l'autre, un rythme effréné imposé par le premier ministre Peter Magyar, pressé de démanteler le système de son prédécesseur Viktor Orban.

Keystone-ATS

Keystone-ATS

13.07.2026, 08:04•13.07.2026, 08:05

Deux mois après avoir prêté serment le 9 mai, le dirigeant conservateur pro-UE mène tambour battant son offensive pour apporter le «changement de régime» promis au soir de sa victoire aux législatives d'avril.

En seize ans de pouvoir, le nationaliste Viktor Orban a remodelé les institutions du pays d'Europe centrale de 9,5 millions d'habitants pour le transformer en une démocratie «illibérale». Ses attaques contre l'indépendance de la justice, de la presse ou les libertés individuelles ont généré des frictions avec l'Union européenne (UE), qui a gelé quelque 16 milliards d'euros de fonds.

Fonds européens bloqués

La charge menée par M. Magyar, fort d'une confortable majorité des deux tiers au Parlement, vise en premier lieu à débloquer cet argent dont le pays a besoin pour relancer l'économie. D'où le vote en quelques semaines d'une loi anticorruption et d'une autre pour démanteler le bureau dit de protection de la souveraineté, qui ciblait les voix critiques.

Le dirigeant de 45 ans a également approuvé une refonte des médias publics et mardi deux chaînes de télévision ont vu leurs journaux retirés de l'antenne, en attendant la constitution d'une nouvelle direction de l'information.

«Cela marque clairement la fin de la politique Orban, fondée sur l'intimidation et la propagande», déclare à l'AFP Zsuzsanna Vegh, analyste politique au centre de réflexion américain German Marshall Fund.

En juin, le dirigeant a annoncé l'«opération 'Feu purificateur'», qui comprend une réécriture de la constitution visant à empêcher la reproduction de la concentration des pouvoirs. Avant l'adoption de cette constitution – qui doit intervenir après une consultation publique -, le Parlement doit se prononcer lundi sur un amendement en 12 points qui prévoit entre autres la destitution du président Tamas Sulyok.

Précédent dangereux

Toutefois, la méthode Magyar suscite aussi le débat. Le parti Fidesz a organisé une manifestation jeudi et dénoncé une tentative d'instaurer «un régime autocratique», un reproche souvent adressé auparavant à Viktor Orban.

«Nous sommes ici parce que Viktor Orban nous a demandé de défendre l'état de droit en Hongrie», a déclaré à l'AFP Laszlo Gyözö, un architecte âgé de 60 ans.

Cette procédure inquiète aussi des spécialistes du droit et des ONG, dont Amnesty International qui la juge «non acceptable».

Un politologue, Gabor Török, a pris la parole sur les réseaux sociaux à la fin juin pour affirmer que les modifications constitutionnelles répétées créent un précédent dangereux.

Marta Pardavi, coprésidente de la branche hongroise de l'ONG Comité Helsinki, fait cependant valoir que certains des changements proposés sont effectivement urgents. «Il ne s'agit pas seulement de remplacer des individus: les institutions elles-mêmes doivent être renforcées», a-t-elle déclaré à l'AFP.

Elle s'interroge par contre sur la précipitation à en adopter d'autres, pointant notamment le projet de limiter le mandat des députés à 12 ans, qui empêcherait de nombreux élus d'opposition de se représenter en 2030.

LGBT+

Malgré des réformes constitutionnelles radicales, la politique de Peter Magyar ne diffère pas de celle de Viktor Orban sur certains sujets. Comme son prédécesseur, il s'oppose à la politique migratoire commune de l'UE. Et il ne se précipite pas pour agir concernant les droits de la communauté LGBT+.

Certes, la marche des fiertés de Budapest a pu se tenir en juin, après son interdiction l'an dernier et il répète que «chacun est libre d'aimer qui il veut et de vivre avec qui il veut», mais son parti Tisza n'a encore abrogé aucune des lois anti-LGBT+ adoptées par le Fidesz, dont celle de 2021, qui restreint l'accès aux contenus LGBT+ dans les médias ou les librairies, que la cour de justice de l'UE a jugé à la fin avril contraire à «l'identité même» de l'UE.

Les électeurs hongrois semblent eux approuver son action. Le basculement de l'opinion s'accompagne du déclin de l'empire médiatique pro-Orban. Plusieurs médias privés appartenant à des hommes d'affaires liés au Fidesz ont cessé de paraître ces dernières semaines, la manne publicitaire de l'État dont ils bénéficiaient s'étant tarie.

«Désormais, les oligarques ne sont plus disposés à réinvestir leur 'butin' – acquis grâce aux appels d'offres publics – parce qu'Orban est tellement affaibli que personne ne s'attend à son retour au pouvoir», analyse Gabor Polyak, du Mertek Media Monitor.

00:52

L'homme qui a fait vaciller Viktor Orbán

Péter Magyar est un ancien proche du pouvoir hongrois devenu le chef du parti Tisza. Sa percée politique s’est accélérée en 2024, puis son parti a remporté les législatives de 2026, mettant fin à 16 ans de pouvoir de Viktor Orbán.

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