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La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'est exprimée devant la presse à Bruxelles.
KEYSTONE
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a proposé mardi d'interdire d'entrée dans l'UE les ex-combattants russes en Ukraine. Cette proposition intervient dans le cadre d'un nouveau «paquet» de sanctions contre la Russie.
«Nous proposons pour la première fois d'interdire l'entrée dans l'Union européenne à toute personne ayant servi dans les forces armées russes depuis le début de la guerre» en Ukraine, a-t-elle déclaré devant la presse à Bruxelles.
Et cela, «afin que l'Europe reste fermée à quiconque a participé à l'invasion de l'Ukraine, c'est aussi simple que cela», a-t-elle ajouté.
Plusieurs Etats membres de l'UE, dont les pays baltes, plaidaient depuis des mois pour une telle interdiction de visas pour les soldats russes, jugeant inadmissible qu'ils puissent faire du tourisme en Europe après avoir combattu en Ukraine.
Ces mesures font partie d'un nouveau «paquet» de sanctions, le 21ème depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022. L'UE veut également suspendre le mécanisme d'ajustement associé au plafonnement du prix du pétrole brut exporté par la Russie.
Ce plafonnement, décidé par les pays du G7, s'impose à tous les intermédiaires voulant exporter du pétrole brut. Il est révisé tous les six mois, et en janvier dernier il avait été décidé que ce prix plafond serait inférieur de 15% à celui du marché. Le plafonnement avait alors été fixé à 44,10 dollars le baril, compte tenu des conditions de marché au début de l'année.
Mais, en raison de la guerre au Moyen-Orient, les prix du brut dans le monde se sont envolés, et ce mécanisme d'ajustement ne permet plus d'atteindre l'objectif initial: réduire les revenus de la Russie tirés de ses exportations de pétrole, qui financent l'essentiel de sa guerre contre l'Ukraine.
Our sanctions are working.
— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) June 9, 2026
They are weakening the economic foundations of Russia’s war effort.
Today we double down.
With a 21st package.
Covering energy, banks & crypto, trade including fisheries and visa for Russian soldiers ↓ https://t.co/fTIkATOSfN
Le prix du baril de brut Oural, qui sert de référence pour ce mécanisme, évolue actuellement aux alentours des 90 dollars, soit deux fois plus qu'en janvier dernier. Donc, si l'ajustement devait être appliqué aux prix du marché actuels, le plafonnement dépasserait les 75 dollars, un montant bien supérieur au plafonnement en vigueur actuellement, soit 44,10 dollars.
Pour maintenir ces revenus pétroliers à la baisse, au moment où la période de révision de six mois arrive à son terme, «nous proposons donc de simplement suspendre cet ajustement jusqu'en janvier de l'année prochaine», le temps, espère la Commission, que le marché pétrolier «se stabilise», a expliqué Mme von der Leyen.
La Commission assure que ce plafonnement est efficace. Les revenus énergétiques de la Russie «ont chuté d'environ 40% au début de l'année 2026», a ainsi affirmé Mme von der Leyen.
Ce nouvel ensemble de sanctions contre la Russie cible aussi, et pour la première fois, le secteur de la pêche."Nous proposons d'imposer des restrictions importantes sur les importations de certains produits de la pêche et une interdiction totale sur d'autres, comme le cabillaud», a ainsi affirmé la présidente de la Commission européenne.
En ce qui concerne la lutte contre le contournement des sanctions par certains pays, la Commission propose d'ajouter 14 entreprises chinoises à la liste de celles interdites de commercer avec les pays de l'UE. Bruxelles veut aussi bannir certaines transactions en cryptomonnaie, utilisée pour contourner les sanctions financières occidentales contre la Russie.
«Nos sanctions continuent de frapper durement et de faire très mal. Elles affaiblissent les bases économiques de l'effort de guerre de la Russie», a assuré Mme von der Leyen.
Lundi, la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas a estimé à quelque 1'500 milliards d'euros le coût des sanctions européennes pour la Russie.