Vous avez trouvé une erreur?
Signaler maintenant
EPA
«Encore un autre»: des Britanniques faisaient part de leur lassitude lundi après l'installation à Downing Street d'Andy Burnham, septième Premier ministre depuis 2016, tout en disant leur espoir prudent d'amélioration face au coût de la vie.
Le travailliste Andy Burnham a été officiellement investi lundi après la démission de Keir Starmer, qui sera resté seulement deux ans au pouvoir après la victoire écrasante du Labour lors des législatives de juillet 2024.
Claire Walker, consultante de 65 ans rencontrée à Londres, doit encore se «faire un avis» sur celui qui était jusque-là maire du Grand Manchester.
«Je n'ai rien entendu de concret sur la manière dont il compte redresser l'économie, j'attends cela avec impatience», déclare-t-elle, exaspérée par la valse des dirigeants britanniques.
Elle apprécie toutefois son dynamisme, «et s'il parvient à mettre en oeuvre une partie de ses promesses, les deux ou trois prochaines années seront plus prometteuses», juge-t-elle.
Jamie, un coach sportif lisant le journal dans le centre de la capitale, reconnaît s'être plutôt intéressé aux résultats du Mondial de football, n'étant «pas très porté sur la politique».
Il dit cependant sa lassitude d'avoir «encore un nouveau Premier ministre... le septième en dix ans». Depuis 2016, année du référendum sur le Brexit, les Britanniques ont vu se succéder à Downing Street David Cameron, Theresa May, Boris Johnson, Liz Truss, Rishi Sunak, tous conservateurs, suivis par le travailliste Keir Starmer.
Impopulaire dans le pays et fortement contesté au sein du Labour après des polémiques et des défaites électorales locales, ce dernier avait annoncé quitter le pouvoir le 22 juin.
Jamie, le coach londonien, espère qu'Andy Burnham fera un «virage à gauche» comparé à son prédécesseur. À Manchester, le fief du nouveau dirigeant, Margaret Healey, retraitée, s'inquiète elle aussi de ces multiples changements à la tête du pays, tout en disant «vouloir donner sa chance» au nouveau locataire de Downing Street.
Joel McCulloch, étudiant mancunien de 22 ans, se dit lui «prudemment optimiste». «J'ai beaucoup d'estime pour Andy Burnham après ce qu'il a fait à Manchester. Je le trouve formidable», a-t-il salué, ajoutant qu'il était «grand temps qu'une personnalité du Nord ait enfin une vraie voix politique».
Andy Burnham, politicien charismatique surnommé le «roi du Nord», a placé la décentralisation et la lutte contre le coût élevé de la vie au centre de ses priorités comme Premier ministre.
Il a promis lundi un «plan sur dix ans» pour changer «profondément» le Royaume-Uni, disant vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une «nouvelle économie» dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.
Charles Ucheobi, marchand d'art rencontré à Londres, regrette qu'Andy Burnham soit devenu Premier ministre sans avoir remporté d'élections législatives à la tête du Labour.
«Je n'ai pas voté pour lui... pourquoi devrait-il nous être imposé? Il devrait convoquer immédiatement des élections», a-t-il estimé.
Le Labour, arrivé au pouvoir pour cinq ans à l'issue des élections législatives de juillet 2024, étant le parti majoritaire au Parlement, son chef devient automatiquement Premier ministre, sans qu'il y ait besoin de nouvelles élections.
Cade Moyses, qui s'affaire derrière le comptoir d'un pub à l'heure du déjeuner, est lui aussi peu optimiste, même si Andy Burnham a pour l'instant «annoncé très peu de choses».
Sa collègue Max McNamara, 20 ans, dit elle vouloir un «un Premier ministre capable de tenir tête» à Reform UK, le parti anti-immigration dirigé par Nigel Farage, en tête des sondages nationaux depuis des mois. Mais elle n'est pas certaine qu'Andy Burnham soit la bonne personne: «C'est Keir Starmer, mais en version du Nord», dit-elle.