Vous avez trouvé une erreur?
Signaler maintenant
À l'époque, tout allait encore bien entre eux : le sénateur texan John Cornyn accompagnait le président américain Donald Trump lors d'un discours prononcé en janvier 2019, au cours de son premier mandat.
Photo d'archive : Keystone
Le président américain nomme les candidats aux postes de haute responsabilité, mais c'est le Sénat qui tranche sur leur confirmation. Or la résistance s'organise, jusque dans les rangs républicains.
Depuis le début de son second mandat, Donald Trump n'avait rencontré pratiquement aucun obstacle pour faire approuver ses candidats au Sénat, où les républicains s'étaient montrés largement solidaires du président.
Pour mémoire: le président américain peut nommer ministres, directeurs d'agences et hauts fonctionnaires, mais beaucoup de ces nominations doivent être confirmées par le Sénat. Les commissions compétentes examinent d'abord les candidatures, avant que l'ensemble de la chambre haute se prononce.
Ce consensus commence à se fissurer. Les sénateurs républicains que Trump a blessés politiquement ces derniers mois se muent désormais en examinateurs particulièrement sévères de ses choix.
La nomination de Todd Blanche au poste de ministre de la Justice cristallise les tensions. Considéré comme l'un des plus proches confidents de Trump, il a été son avocat personnel dans plusieurs procédures pénales. C'est précisément cette proximité qui suscite aujourd'hui de sérieuses réserves au Sénat, et pas seulement dans les rangs démocrates.
Ces derniers mois, Trump a montré à plusieurs reprises qu'il ne tolère aucune dissidence au sein de son propre parti, retirant son soutien aux sénateurs républicains qui l'ont contredit ou critiqué.
Les exemples ne manquent pas. Au Texas, Trump a apporté son soutien à Ken Paxton, l'adversaire de John Cornyn dans les primaires républicaines. En Louisiane, Bill Cassidy, lui aussi privé du soutien présidentiel, a perdu son siège face à un rival de son propre camp. En Caroline du Nord, Thom Tillis a renoncé à se représenter après des frictions répétées avec Trump.

Thom Tillis, sénateur de Caroline du Nord, ne se représentera pas aux élections de novembre, après que Trump a publiquement menacé de soutenir un adversaire lors des primaires républicaines.
Keystone
Ces trois sénateurs siègent toutefois toujours au sein des commissions chargées de se prononcer sur les décisions clés du président en matière de nomination. Étant donné que les républicains n'y disposent parfois que d'une majorité d'une seule voix, un seul dissident suffit à compromettre considérablement une nomination.
Lors des récentes auditions, John Cornyn s'en est notamment pris à Todd Blanche. Au cœur du débat: un accord controversé conclu entre le ministère de la Justice et Donald Trump, que ses détracteurs craignent de voir donner naissance à un fonds de plusieurs milliards de dollars susceptible d'être détourné à des fins politiques.
Blanche a bien tenté de rassurer les sénateurs en affirmant que le fonds ne verrait pas le jour. Plusieurs républicains n'ont pas semblé convaincus pour autant. À l'issue de l'audition, Cornyn a déclaré sans détour qu'il n'avait pas encore arrêté sa position.

C'est Todd Blanche qui doit actuellement répondre aux questions des sénateurs et sénatrices.
Keystone
Thom Tillis a lui aussi exigé des garanties légales contraignantes afin qu'un tel fonds ne puisse plus être réactivé à l'avenir.
Les critiques de Bill Cassidy ont été plus acerbes encore. Médecin de formation et président de la commission de la santé, le sénateur a mis à profit les auditions de plusieurs candidats au poste de ministre de la Santé pour leur soumettre des questions d'une sévérité inhabituelle.
L'attention s'est notamment concentrée sur Erica Schwartz, la candidate de Trump à la tête des CDC, l'agence américaine de santé publique. Cassidy a voulu savoir si elle n'hésiterait pas, en cas de désaccord, à s'opposer au ministre de la Santé Robert F. Kennedy Jr., personnalité connue depuis des années pour son hostilité à la vaccination et dont les déclarations ne cessent d'alimenter la controverse.

Erica Schwartz lors de son audition devant la commission sénatoriale.
Keystone
Cassidy n'a pas dissimulé ses attentes : une directrice des CDC doit défendre sans fléchir les conclusions scientifiques, même lorsqu'elles contredisent les orientations de la Maison Blanche. Son avertissement était sans ambiguïté : la désinformation sur la vaccination a déjà provoqué des cas graves, voire des décès, chez des enfants. Il exige donc de la direction de l'agence une indépendance scientifique totale.
Un autre candidat du ministère de la Santé a lui aussi dû s'expliquer sur des déclarations passées témoignant d'un scepticisme à l'égard de la vaccination.
Cette évolution met en lumière un problème structurel pour Trump. Nombre de ses nominations les plus importantes reposent sur la confiance personnelle : le président choisit volontiers des compagnons de longue date ou des personnalités qui l'ont soutenu dans ses batailles politiques et judiciaires.
Au Sénat, la logique est traditionnellement tout autre. Même les républicains tiennent à ce que l'indépendance institutionnelle soit préservée, notamment au sein du ministère de la Justice ou des agences sanitaires.
C'est précisément sur ce point que plusieurs candidats de Trump se retrouvent sous pression. Leurs détracteurs s'interrogent : en cas de conflit, placeraient-ils le président ou la Constitution au premier rang ? Lors de son audition, Blanche a bien tenté d'affirmer qu'il n'était pas le « faire-valoir » du président. Mais ses liens personnels étroits avec Trump rendent cette déclaration d'indépendance difficile à croire pour nombre de sénateurs.
Notice sur l’IA : cet article a été traduit de l’allemand à l’aide de l’intelligence artificielle, puis adapté par la rédaction romande.