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Des piétons passent devant une affiche électorale de Robert Golob, candidat libéral, à Ljubljana, en Slovénie, le jeudi 21 avril 2022. Le scrutin de dimanche 24 avril en Slovénie se déroulera dans un contexte de divisions politiques accrues au sein de ce petit pays alpin de 2 millions d'habitants. (Photo AP/Darko Bandic)
KEYSTONE
Les élections législatives dimanche en Slovénie s'annoncent très disputées entre la coalition de centre-gauche au pouvoir de Robert Golob et la formation de l'ancien premier ministre conservateur Janez Jansa. La victoire de ce dernier signifierait un tournant illibéral pour le pays.
Dans un contexte de montée des nationalismes en Europe, la formation de M. Jansa, le parti démocratique slovène (SDS), est en tête des sondages depuis des mois bien que l'écart se soit récemment resserré.
Si le résultat des urnes le remet en selle, les analystes prédisent qu'il fera emprunter un chemin illibéral à la manière du premier ministre hongrois Viktor Orban au petit pays de 2,1 millions d'habitants, issu de l'ex-Yougoslavie et membre de l'Union européenne depuis 2004.
Cet admirateur du président américain Donald Trump et proche du premier ministre hongrois avait multiplié les passe d'armes avec l'UE lors de son dernier mandat de 2020 à 2022, le troisième, et tenté de museler l'agence de presse nationale STA jugée trop critique, en la privant de fonds.
Cette fois, il a promis de s'en prendre aux ONG trop politiques, de se pencher sur les programmes scolaires et de privatiser des pans du système de santé pourtant loué par les Slovènes pour son efficacité, a souligné Ali Zerdin, responsable du supplément dominicale du journal Delo, lors d'une réunion en visioconférence avec des médias en Autriche, dont l'AFP.
Pour le podcasteur et analyste politique Aljaz Pengov Bitenc, interrogé par l'AFP, «si le bloc de droite l'emporte, cela signifiera la chute d'un autre bastion libéral en Europe, un nouveau clou dans le cercueil de la démocratie libérale».
L'issue des élections reste cependant très incertaine, estime Ali Zerdin, qui constate que «l'écart s'est réduit» ces dernières semaines.
Selon la dernière enquête d'opinion publiée le 9 mars par Delo, le SDS est crédité de 22,4% des intentions de vote tandis que le mouvement pour la liberté (GS) de M. Golob obtiendrait 20,3% des suffrages, grâce à un sursaut attribué aux mesures populaires introduites ces derniers mois, dont une prime de Noël obligatoire et la hausse des pensions de retraite.
Une enquête publiée samedi dans le quotidien Dnevnik place pour la première fois le GS en tête, avec 24,1% des intentions de vote contre 23,2% pour le SDS.
En 2022, M. Golob, tout fraîchement entré en politique après avoir dirigé l'une des principales compagnies d'électricité du pays, l'avait largement emporté (34,5%) face à M. Jansa (23,6%).
Son programme libéral et centré sur l'inclusion sociale avait séduit un électorat qui voulait tourner la page de la pandémie de Covid-19, pendant laquelle M. Jansa a été accusé d'atteintes à la démocratie et de comportement autoritaire.
«Tout le monde voyait dans ce gouvernement un sauveur, un messie et ils ont inévitablement été déçus», constate Aljaz Pengov Bitenc. «Ce gouvernement a mené des expériences à la cubaine» et agi comme si «l'argent poussait sur les arbres», accuse M. Jansa, 67 ans, dans une déclaration à l'AFP en marge d'une réunion de campagne la semaine dernière à Celje, à quelque 80 kilomètres au nord-est de Ljubljana.
Venue l'écouter, Gaja Grcar, une étudiante de 22 ans, estime que le gouvernement, qui a entre autres légalisé le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe il y a quatre ans, est allé à l'encontre des valeurs slovènes: «Dieu, la patrie et la famille».
M. Golob, 59 ans, n'a pas pris part à des rassemblements, préférant inaugurer de nouveaux projets de santé et d'infrastructures. Les citoyens doivent «choisir la voie de la construction plutôt que celle de la destruction», a-t-il déclaré à la télévision publique le mois dernier.
Sur le plan international, il a fermement critiqué la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine – un de ses seuls points communs avec M. Jansa -, les ambitions américaines sur le Groenland et a interdit le commerce d'armes avec Israël en raison de la guerre dans la bande de Gaza.