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«Plusieurs militaires, dont un officier», ont été tués «dans une attaque israélienne brutale» ayant ciblé un véhicule militaire sur la route entre Khardali et Nabatiyé, a indiqué l'armée dans un communiqué.
AFP
Une frappe dans le sud du Liban a tué samedi trois soldats libanais, a annoncé l'armée à Beyrouth samedi, le président Joseph Aoun dénonçant les «attaques israéliennes incessantes, qui restent impunies» malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur.
«Une frappe aérienne israélienne brutale a ciblé un véhicule militaire sur la route» entre Khardali et Nabatiyé, «entraînant la mort de deux officiers, un général de brigade et un capitaine, ainsi que d'un soldat», a écrit l'armée libanaise dans un communiqué.
Cette attaque constitue une «violation flagrante de la souveraineté libanaise et du droit international», a condamné le président Joseph Aoun.
Elle s'inscrit «dans le contexte de l'escalade actuelle qui menace la stabilité et la sécurité du sud, malgré les efforts déployés par le Liban lors des négociations à Washington pour mettre fin aux attaques israéliennes incessantes, qui restent impunies», a-t-il ajouté.
Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué avoir frappé un véhicule qui se dirigeait «de manière suspecte» en direction de ses soldats, dans une zone de combats près de Tebnit (sud) où le Hezbollah est présent et allait viser ses troupes, selon elle.
«L'armée intervient contre l'organisation terroriste Hezbollah et non contre l'armée libanaise», a-t-elle souligné dans un communiqué, précisant que l'incident était «en cours d'examen».
Mercredi, à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington, un nouvel accord de cessez-le-feu avait été annoncé, la trêve en vigueur à partir du 17 avril n'ayant jamais été respectée.
Cet accord, rejeté par le Hezbollah, prévoit un cessez-le-feu conditionné à un «arrêt complet» des tirs du groupe chiite, tout en permettant une poursuite à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans le sud du Liban.
Sur le terrain, les affrontements se poursuivent. L'armée israélienne a de nouveau appelé samedi à l'évacuation de cinq villages dans le sud et l'est du Liban en prévision de frappes contre le Hezbollah.
L'Agence nationale d'information libanaise (Ani) a fait état de bombardements sur différents sites du sud.
Le Hezbollah a relancé les hostilités avec Israël début mars, en visant le sol israélien pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'offensive israélo-américaine sur Téhéran.
Vendredi, le président Aoun avait sommé l'Iran de cesser d'"intervenir" dans les affaires libanaises, face à la poursuite des tirs malgré l'annonce de la nouvelle trêve.
«Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays», a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, tout en appelant le Hezbollah à choisir la voie diplomatique.
«D'après les propos de M. Aoun, on pourrait croire que c'est l'Iran qui a occupé un cinquième du Liban, déplacé un quart des Libanais et bombarde son pays quotidiennement», a réagi sur X le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, en se référant à Israël sans le nommer.
«Si le Liban avait été une monnaie d'échange pour l'Iran, nous aurions conclu un accord depuis longtemps. Sauvez le Liban de votre véritable ennemi, Monsieur le président», a-t-il ajouté.
Le chef de l'armée libanaise Rodolphe Haykal est en route pour le Pakistan, principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin à la guerre déclenchée par l'attaque israélo-américaine du 28 février sur l'Iran. Il doit y rencontrer son homologue Asim Munir, a indiqué samedi l'armée libanaise.
Les négociations patinent depuis le cessez-le-feu conclu le 8 avril. Et des médias iraniens ont affirmé en début de semaine que l'Iran avait suspendu sa participation à cause de l'offensive d'Israël au Liban contre le Hezbollah pro-iranien. Les Etats-Unis souhaitent traiter ce dossier à part, mais Téhéran a toujours réclamé que le Liban soit partie intégrante des négociations.
Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3560 morts depuis le début de la guerre, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée.