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Des défilés sont notamment prévus à Lille, Nantes, Brest, Marseille, Strasbourg... D'autres ont eu lieu samedi dernier au Mans, à Toulouse et à Lyon (archives).
AFP
Des drapeaux «Jésus t'aime», des flash-mobs et des refrains de «pop louange»: des dizaines de milliers de fidèles sont attendus samedi dans une quinzaine de villes françaises pour les «Marches pour Jésus», expressions de la fierté évangélique qui séduisent de plus en plus de jeunes catholiques.
Le principe est simple: défiler en musique, dans un «témoignage joyeux et paisible d'une foi vivante qui veut toucher les coeurs», expliquent les organisateurs.
Nées en 1987 à Londres, ces marches ont progressivement essaimé, à la faveur du dynamisme des Églises évangéliques, et réunissent des centaines de milliers de personnes en Amérique latine. «Les marches pour Jésus sont absolument colossales au Brésil», pays à forte présence évangélique, rappelle le sociologue Sébastien Fath.
En France, l'événement connaît un succès croissant: «Nous étions 5000 avant le Covid, et 50'000 l'an dernier à Paris», affirme à l'AFP le pasteur Gilbert Léonian, président de la Marche pour Jésus à Paris, qui espère une participation encore plus forte samedi. «Les évangéliques ont atteint aujourd'hui une sorte de masse critique qui fait qu'ils sont sortis de l'invisibilité», affirme M. Fath.
Avec a minima 1,1 million de fidèles en France, «ils revendiquent leur place à la table de la République, dans la culture, dans la société, et cette marche pour Jésus, est une manière de dire: nous sommes aussi légitimes que d'autres à nous afficher dans la rue», ajoute-t-il.
L'édition 2026, parrainée par le footballeur Olivier Giroud qui a publié une vidéo de soutien, doit s'élancer du Panthéon à 14h00 pour gagner la place Vauban dans le 7e arrondissement.
Au programme: louanges, flash-mobs, avant un concert de gospel à l'arrivée – sans oublier la distribution de brochures aux passants.
Des défilés sont également prévus à Lille, Nantes, Brest, Marseille, Strasbourg... D'autres ont eu lieu samedi dernier au Mans, à Toulouse et à Lyon, où 7000 personnes selon les organisateurs (4500 selon la police) ont défilé, brandissant des pancartes «Jésus t'aime».
À Lyon, l'événement était organisé à parité par les protestants évangéliques et le diocèse catholique. L'objectif étant de «célébrer Jésus ensemble» et «ne pas avoir honte d'exprimer notre foi en public», affirme Géraldine Hayot-Pasquier, pasteure lyonnaise.
Au niveau national, l'événement devrait accueillir 20% de participants catholiques, explique Gilbert Léonian. À Paris ainsi, sur les douze camions sonorisés du défilé, l'un est animé par des jeunes de diocèses d'Ile-de-France, un autre par l'une des stars cathos d'internet, le Frère Paul-Adrien, avec le groupe de «pop louange» Beloved.
Comment expliquer cet engouement catholique? «Ce qui plaît, c'est l'ambiance, la musique, la simplicité et la joie de se retrouver comme chrétiens, c'est un peu l'effet JMJ», explique à l'AFP le religieux aux 360'000 abonnés sur Instagram.
«On est loin des dogmes, des traditions, de tout ce qui a donné un signal négatif de l'Église et du christianisme, mais plutôt dans la vraie vie chrétienne qui repose le Christ», affirme le pasteur Léonian, selon qui les participants se retrouvent dans «l'ADN des évangéliques»: «le chant et la louange, la centralité du Christ, et la prière spontanée».
La Marche rejoint deux autres modèles bien ancrés en France, et qui peuvent expliquer sa réussite, relève M. Fath: celui du défilé syndical et du pèlerinage catholique.
Mais il y a aussi, parmi les jeunes qui constituent le gros des participants, une tendance de fond «d'ouverture aux manifestations visibles de l'identité dans l'espace public».- qu'elle soit LGBT+, religieuse... – sur un «modèle libéral», ajoute-t-il.
La quête de lien, de sens, d'une jeunesse marquée par les confinements du Covid peut jouer: «C'est un phénomène qui déborde du christianisme, et rejoint une demande de perspective de la part d'une jeunesse française qui ne se sent pas tellement écoutée», selon lui.