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Sur scène, beaucoup de rock et une arrivée tonitruante du président, qui a fendu la foule avant d'hurler «Je suis le lion!» (tube de hard rock argentin). Ces ingrédients habituels de ses meetings ont enthousiasmé un public acquis à sa cause.
KEYSTONE
Le président argentin Javier Milei a appelé jeudi des milliers de partisans à «changer l'Argentine pour de bon», clôturant sa campagne pour les législatives de mi-mandat prévues dimanche, décisives pour ses deux ans restants de présidence.
«Ne lâchez pas!», «nous sommes sur le bon chemin», «l'effort en vaut la peine», a martelé l'ultralibéral Javier Milei, évoquant sans le nommer l'impact social de son austérité budgétaire, lors d'un meeting à Rosario, à 300 km de Buenos Aires.
Sur scène, beaucoup de rock et une arrivée tonitruante du président, qui a fendu la foule avant d'hurler «Je suis le lion!» (tube de hard rock argentin). Ces ingrédients habituels de ses meetings ont enthousiasmé un public acquis à sa cause.
Deux teintes dominaient: le violet des drapeaux, couleur du parti Miléiste «La Libertad Avanza» (LLA), et le bordeaux des tee-shirts «Fuerzas del cielo» (Forces du ciel), groupe formé par des influenceurs libertariens, les «ultras» de Milei hyperactifs sur les réseaux sociaux.
«A partir de dimanche, l'Argentine va changer pour de bon», quand aura «changé le visage de ce Parlement, pour avancer avec les réformes dont l'Argentine a besoin», a lancé le président en blouson de cuir, reprenant des éléments de sa campagne présidentielle de 2023.
Javier Milei joue sa marge de manoeuvre pour la deuxième moitié de son mandat, face à un Parlement où il est à ce jour très minoritaire, et qui a limité plusieurs de ses projets, sur les privatisations notamment.
«La majorité d'entre vous ne sait pas ce que c'est de vivre dans un pays sans inflation, or nous la liquidons», a-t-il lancé, soulignant une inflation ramenée à 31,8% en interannuel, contre plus de 200% fin 2023. «Au milieu de l'an prochain, l'inflation ne sera plus qu'un mauvais souvenir», a-t-il promis.
Dans la foule, Alejandra Pasos, retraitée de 67 ans, en violet de la tête aux pieds, a applaudi avec ferveur les chants à la gloire du président.
«S'il n'a pas fait plus jusqu'ici, c'est parce qu'il n'a pas d'argent», a-t-elle assuré à l'AFP, sans nier les difficultés des retraités, frange la plus durement touchée par l'austérité depuis 2023.
Mais elle assure garder foi «en cet homme qui parle la langue de la rue, et qui est venu faire le changement que personne d'autre n'a jamais osé faire».
A Rosario, troisième ville du pays, Javier Milei avait obtenu un score légèrement supérieur à sa moyenne nationale (56%) à la présidentielle de 2023. Et bien plus encore (63%) à l'échelle de cette province, Santa Fe.
Ces provinces, où il avait réalisé des percées en 2023, sont un des enjeux de l'élection. Javier Milei cherche à s'ancrer dans le territoire, y gagner des députés et sénateurs, au-delà de la vague personnelle qui l'a portée au pouvoir.
«Je ne pense pas que (le score de 2023) se reproduise», a anticipé Marianos Reyes, commerçant de 48 ans. «Mais si Rosario pouvait nous aider avec 30% des voix, ce serait déjà une grande victoire».
La ferveur de jeudi contraste avec les tensions qui ont émaillé plusieurs événements de Javier Milei, pour certains avortés, ces dernières semaines. Le président avait par exemple essuyé des jets de pierre dans la province de Buenos Aires, fief de l'opposition péroniste (centre-gauche).
A quelques pâtés de maison, des centaines de personnes ont tout de même manifesté contre la présence de Javier Milei, «persona non grata à Rosario», selon plusieurs pancartes à l'entrée de la ville.
«A Rosario, ville exportatrice de céréales vers le monde entier, il y a de la faim. On voit des bateaux chargés sortir du port, et nous on réfléchit à comment manger demain», s'est lamenté Eduardo Delmonte, manifestant.
Leonardo Gresso, vendeur de rue, a expliqué avoir voté Milei en 2023, mais ne devrait pas recommencer: «J'avais de l'espoir, aujourd'hui je n'ai même plus ça».