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Certains membres de la Young Doctors Association ont manifesté dans l'hôpital où l'attaque a eu lieu.
AFP
Une attaque à l'acide contre une femme médecin dans le sud du Pakistan a déclenché cette semaine des grèves et des manifestations. Une véritable onde de choc dans un secteur médical, où de nombreuses femmes ont déclaré ne pas se sentir en sécurité au travail.
Un homme a lancé de l'acide sur la docteure Mahnoor Nasir dans un hôpital de la ville de Quetta samedi, provoquant des brûlures sur sept pour cent de son corps, selon le bureau du chef de gouvernement provincial.
Les forces de l'ordre ont tué le suspect, Humayun Shah, un opérateur d'ascenseur de l'établissement médical, à une gare routière alors qu'il tentait de s'enfuir, ont indiqué les autorités.
La victime de l'attaque pourrait devoir se rendre à l'étranger pour une greffe de peau, a déclaré à l'AFP Shahid Rind, porte-parole du ministre en chef de la province du Baloutchistan.
Les attaques à l'acide, qui visent souvent les femmes, ont été criminalisées et sont passibles de lourdes peines dans ce pays d'Asie du Sud, où les femmes sont fortement exposées à la violence et aux inégalités sociales.
La crainte du harcèlement et des agressions aggrave la pénurie de médecins dans ce pays en plein essor démographique. Des enquêtes suggèrent qu'environ un tiers des femmes renoncent à la profession après l'obtention de leur diplôme, bien qu'elles soient plus nombreuses que les hommes dans les facultés de médecine.
«C'est un incident tragique, mais il aura des effets négatifs sur l'éducation des femmes car, si les hôpitaux ne sont pas sûrs, qui osera envoyer ses filles faire des études et des stages en médecine?», a déclaré à l'AFP la docteure Zeenat Shawani, basée au Baloutchistan.
L'organisation représentant les jeunes médecins en début de carrière a qualifié l'attaque de «défaillance sécuritaire catastrophique». Certains membres de la Young Doctors Association ont manifesté dans l'hôpital où l'attaque a eu lieu et ont annoncé qu'ils feraient grève pour les soins non urgents tant que leurs demandes de meilleures mesures de sécurité et d'enquête ne seraient pas satisfaites.
«Les femmes médecins et les personnels paramédicaux vivent dans la peur d'être harcelées, violées, victimes de violences dans ces hôpitaux», a déclaré à l'AFP la docteure Shazia Khapulwak, basée à Quetta.
La Commission des droits de l'homme du Pakistan et des acteurs de la société civile ont organisé une manifestation à Quetta, réclamant des mesures de sécurité pour le personnel féminin des hôpitaux publics et un encadrement plus strict de la vente d'acide.
Les Nations unies ont également condamné l'incident. «Les attaques à l'acide comptent parmi les formes les plus dévastatrices de violence fondée sur le genre, laissant aux survivantes des séquelles physiques et psychologiques à vie», a déclaré ONU Femmes Pakistan dans un communiqué.
Il n'existe pas de données récentes et fiables sur le nombre exact d'attaques à l'acide au Pakistan, mais le groupe de défense Acid Survivors Foundation a recensé un peu plus de 1180 incidents violents impliquant de l'acide et d'autres substances provoquant des brûlures, comme l'essence et l'eau bouillante, entre 2011 et 2018.