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Le gouvernement invoque systématiquement des impératifs de «sécurité nationale» pour obtenir la levée des obstacles à la construction d'une gigantesque salle de bal à la Maison Blanche.
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Une cour d'appel fédérale américaine s'est montrée vendredi sceptique face aux arguments de l'administration Trump selon lesquels la justice n'aurait pas son mot à dire sur la légalité de la construction d'une gigantesque salle de bal à la Maison Blanche.
Depuis l'attaque au gala de la presse en présence de Donald Trump fin avril dans un grand hôtel de Washington, le gouvernement invoque systématiquement des impératifs de «sécurité nationale» pour obtenir la levée des obstacles à la construction d'une gigantesque salle de bal à la Maison Blanche, projet fétiche de l'ancien promoteur immobilier.
En octobre, le président républicain a fait détruire au bulldozer une aile entière de la Maison Blanche pour y construire cette salle de bal censée accueillir jusqu'à 1.000 personnes, pour des réceptions diverses et des dîners en l'honneur de dignitaires étrangers.
En avril, un juge a ordonné la suspension du chantier mais a autorisé la poursuite des travaux d'un projet de bunker souterrain. Ce juge a notamment conclu que seul le Congrès était habilité à autoriser ou non de tels projets sur des bâtiments historiques. Une cour d'appel a ensuite permis la poursuite de l'ensemble des travaux jusqu'à ce qu'elle se soit prononcée.
«Même en cas de complète illégalité de la part du gouvernement, cela ne pourrait pas être bloqué» par la justice? A demandé vendredi l'une des juges de la cour d'appel, Patricia Millett, au représentant de l'administration Trump. «C'est juste», lui a répondu ce dernier, Yaakov Roth, confirmant que, selon lui, seul le Congrès pourrait s'opposer à ce projet de l'exécutif.
Si par exemple, le gouvernement décidait de «démolir très rapidement au bulldozer, la statue de la liberté», la justice n'y pourrait rien? S'est-elle également interrogée. Ce à quoi l'avocat du gouvernement a également répondu par l'affirmative.
«L'ancienne aile Est n'était pas adaptée à la protection de la sécurité du président et d'autres responsables de la Maison Blanche», a plaidé M. Roth, citant la menace représentée par des armements modernes comme les drones.
Le projet, l'un des plus ambitieux menés sur ce célèbre site depuis plus d'un siècle, n'a cessé de prendre de l'ampleur. Son budget prévisionnel, financé par des dons privés, est passé de 200 millions à 400 millions de dollars.
Il est contesté en justice par la National Trust for Historic Preservation (NTHP), une organisation à but non lucratif mandatée par le Congrès pour la préservation des bâtiments historiques. La NTHP accuse l'administration Trump de ne pas avoir respecté les exigences légales en matière d'enquête publique, ni obtenu l'autorisation du Congrès pour ce projet.