Vous avez trouvé une erreur?
Signaler maintenant
Si le Premier ministre britannique s’accroche au pouvoir malgré des résultats historiquement mauvais aux élections locales, les rumeurs vont déjà bon train concernant sa succession.
AFP
Alors que les jours de Keir Starmer à Downing Street semblent comptés, les médias britanniques bruissent de rumeurs sur les personnalités travaillistes susceptibles de lui succéder à la tête du gouvernement.
Voici celles qui semblent les mieux placées, même si personne ne s'est encore officiellement déclaré.
Le nom du ministre de la Santé, Wes Streeting, revient souvent comme possible successeur de Starmer. À la différence du Premier ministre, cet homme de 43 ans, originaire d'un quartier modeste de l'East End de Londres et premier de sa famille à faire des études supérieures, est considéré comme un communicant efficace.
Il fut l'une des figures de proue de la campagne électorale qui vu les travaillistes revenir au pouvoir, Keir Starmer à leur tête, en juillet 2024.
A la Santé, Wes Streeting a multiplié les mesures destinées à redorer l'image du NHS, le service national de santé miné par des années de coupes budgétaires, des listes d'attente interminables et des grèves à répétition des médecins.
Classé à la droite du parti, M. Streeting pourrait cependant être handicapé par ses liens avec Peter Mandelson, l'ex-ambassadeur à Washington au coeur du scandale Jeffrey Epstein qui a affaibli Keir Starmer.
L'ex- ministre et ex-commissaire européen a été son mentor et était à ses côtés lors de la première campagne législative de Streeting en 2015.
Issu de l'aile gauche du Labour, le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, est la plus populaire des personnalités politiques britanniques, et le seul capable de séduire des électeurs au-delà du Labour, selon l'institut Yougov.
Mais celui qui est surnommé «le roi du Nord» a un énorme handicap: il ne peut pas briguer le pouvoir s'il n'est pas député, selon les règles en vigueur au Royaume-Uni.
Toutefois, un député pourrait se retirer dans une circonscription acquise au Labour, ce qui lui permettrait de retrouver un siège. Ce processus prendrait cependant plusieurs mois, d'où l'idée de certains de pousser Starmer à s'engager à partir... en septembre seulement.
En janvier, alors que les appels à la démission de Starmer se multipliaient déjà, le Premier ministre et ses partisans avaient bloqué la candidature de Burnham à une législative partielle dans sa région, l'empêchant ainsi de défier Starmer.
À 56 ans, ce vétéran du parti avait déjà tenté de prendre la tête du Labour en 2015, mais avait été devancé par Jeremy Corbyn.
Élu maire du Grand Manchester en 2017, il a depuis été réélu deux fois dans une ville qui rivalise avec Birmingham pour le titre de deuxième métropole britannique après Londres.
Celle qui occupait jusqu'en septembre 2025 le poste de numéro deux du gouvernement et de ministre du Logement est une figure populaire de l'aile gauche du Labour.
Âgée de 46 ans, elle est issue d'un milieu particulièrement défavorisé, et a dû s'occuper d'une mère dépressive dès l'enfance. Elle a quitté l'école à l'adolescence et ne possède aucun diplôme universitaire, dans un pays où la classe dirigeante est généralement passée par Oxford ou Cambridge.
L'ascension de cette femme connue pour sa franchise s'est cependant arrêtée net en septembre 2025, lorsqu'elle a démissionné après avoir admis ne pas avoir payé tous les impôts dus lors de l'achat d'un appartement.
Certains de ses détracteurs estiment cependant qu'elle opérerait à Downing Street un virage si marqué vers la gauche que les travaillistes pourraient devoir organiser des élections générales avant la date prévue en 2029.
Si ces trois noms reviennent le plus souvent, d'autres pourraient sortir du chapeau à l'issue d'un processus de sélection souvent fait de manœuvres en coulisses et de querelles internes. Des querelles qui pourraient abimer plus encore l'image des travaillistes, comme elles écornèrent celle des conservateurs lorsque leurs Premiers ministres se succédèrent à un rythme accéléré après le référendum du Brexit en 2016.
Parmi ces jokers possibles figurent des personnalités jugées consensuelles comme le ministre de la Défense, John Healey, ou celui des Forces armées, Al Carns. Revient aussi le nom d'Ed Miliband, ministre de l'Environnement qui dirigea le Labour de 2010 à 2015.
Plusieurs femmes sont également citées, comme la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper, la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood, voire la députée et ex-secrétaire d'État Catherine West, qui a en partie précipité la crise actuelle en menaçant ce week-end de déclencher une élection interne pour remplacer Starmer.