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Dans les airs, des hélicoptères bombardiers d'eau enchaînent leurs rondes au-dessus des montagnes enfumées, mais à Pralognan-la-Vanoise et au Planay, à 1.400 mètres d'altitude, quelque 5.000 à 6.000 personnes patientent sans trop d'inquiétude.
EPA
Nuitées d'hôtels payées par la mairie, ravitaillement par hélicoptère, randonnées dans le parc de la Vanoise... Professionnels et vacanciers de deux villages savoyards isolés par un feu de forêt reconnaissent qu'«il y a pire comme endroit pour être enfermé».
Dans les airs, des hélicoptères bombardiers d'eau enchaînent leurs rondes au-dessus des montagnes enfumées, mais à Pralognan-la-Vanoise et au Planay, à 1.400 mètres d'altitude, quelque 5.000 à 6.000 personnes patientent sans trop d'inquiétude.
La seule route menant aux villages, la départementale 915, a été fermée mardi soir car le feu fragilise la paroi rocheuse et entraîne des chutes de pierres. Un pompier volontaire de 22 ans a été tué mercredi par un de ces éboulements.
Si l'incendie, qui a parcouru 75 hectares, est désormais «stabilisé», «plusieurs jours de travaux seront nécessaires» pour sécuriser la route et la rouvrir, a prévenu la préfète de Savoie Vanina Nicoli.
Dans une conférence de presse en ligne vendredi soir, le directeur des infrastructures du département, Jean-Philippe Laplanche, a indiqué que «le début de ces travaux» qui devrait durer «quelques jours» est envisagé «dimanche matin». Il s'agira de poser 450 blocs de béton pour «constituer un mur de 3 m de haut et 300 m de long». Tout dépendra cependant d'une reconnaissance en hélicoptère samedi et des conditions météo, alors que le département a été placé vendredi en alerte jaune orages.
En attendant, «les clients ne sont pas inquiets, pas perturbés», assure par téléphone à l'AFP Jonathan Dellis, qui gère l'hôtel L'Edelweiss à Pralognan.
«Ceux qui devaient partir ont prolongé leur séjour et font des randonnées» et ceux qui avaient des réservations se sont vu proposer «de décaler ou d'annuler», explique-t-il. «Il n'y a aucune grogne, on offre le génépi et nos clients sont contents !»
Pour le ravitaillement, «les commerçants et les hôteliers se sont réunis pour commander ensemble ce qui est nécessaire, c'est bien géré», se félicite-t-il.
Vendredi après-midi, un hélicoptère a commencé des rotations pour acheminer sept tonnes de marchandises de première nécessité, oignons, tomates, crème mais aussi reblochons de Savoie, le tout emballé dans de gros sacs accrochés à un filin.
Avec trois appareils engagés dans la lutte contre le feu, «un Super Puma et deux Ecureuils», «il va falloir faire de l'anti-collision aérienne», souligne Eric Prettidu groupe SAF hélicoptères qui assure les vols.
La mairie a annoncé qu'elle prenait en charge les nuitées supplémentaires pour ceux qui avaient réservé avant la fermeture de la route. Elle a aussi sollicité la reconnaissance par le gouvernement de l'état de catastrophe naturelle pour permettre aux autres d'engager des démarches auprès des assureurs de leurs séjours.
Certains, plus impatients ou qui doivent retourner au travail ou partir ailleurs en vacances, empruntent à pied un sentier de randonnée rouvert et sécurisé par l'Office national des forêts jusqu'à Bozel, 12 km plus bas, avant de pouvoir prendre la route en direction de Moûtiers.
A Pralognan, «tout est serein, il y a une bonne ambiance», «il y a pire comme endroit pour être enfermée mais j'ai des obligations professionnelles», plaide Amélie Rascle, une trekkeuse rencontrée sur ce sentier.
Descendue par les «petits chemins», elle a jugé la marche «plutôt sympa», mais «les hélicoptères tournent beaucoup, on voit la montagne en face en fumée, c'est impressionnant et un peu triste».
«On a de la famille à Bozel alors, comme on s'ennuie un peu là-haut, on est descendu la voir», explique aussi Jean-Paul Boyer. «Là-haut, tout se passe bien, on avait besoin de médicaments, le lendemain on les a eus, c'est très bien organisé, il y a un médecin et tout ce qu'il faut», ajoute le randonneur.
Jeudi, un hélicoptère a déposé à Pralognan un médecin et six sapeurs-pompiers, ainsi que des médicaments essentiels, et évacué deux personnes ayant besoin de soins hospitaliers.
Un groupe d'adolescents de la Ligue de hockey sur glace du Sud-Est fait partie des vacanciers dont le séjour est prolongé. «Nous tenons à rassurer leurs familles (...), ils sont en parfaite sécurité» et «des activités sont mises en place afin d'occuper les jeunes», écrivent les organisateurs sur Facebook, déclenchant en retour une flopée de mercis et de pouces levés de leurs parents.