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Vladimir Poutine «devrait comprendre qu'il suit le chemin (du dirigeant soviétique Léonid) Brejnev. Lui même en a parlé un jour, disant que l'Union soviétique s'était effondrée parce qu'elle dépensait trop pour l'armement», a déclaré le ministre des Affaires étrangères polonais (archives).
KEYSTONE
Le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski a estimé jeudi qu'une nouvelle course à l'armement pourrait précipiter l'effondrement du «régime» du président russe Vladimir Poutine, comme elle avait provoqué la chute de l'URSS dans les années 1990.
Le ministre des Affaires étrangères de ce pays membre de l'Otan s'est exprimé au lendemain du sommet de l'alliance qui a convenu d'augmenter très nettement ses dépenses de défense, considérées comme essentielles pour contrer la menace venant de la Russie.
Vladimir Poutine «devrait comprendre qu'il suit le chemin (du dirigeant soviétique Léonid) Brejnev. Lui même en a parlé un jour, disant que l'Union soviétique s'était effondrée parce qu'elle dépensait trop pour l'armement, et maintenant il fait exactement la même chose», a déclaré Radoslaw Sikorski, lors d'une interview accordée à l'AFP, à l'agence polonaise PAP et l'agence allemande DPA.
«Il mène une guerre très coûteuse, a effrayé et provoqué l'Occident pour qu'il augmente les dépenses de défense (...) Nous on le fait parce que Poutine nous menace», a poursuivi M. Sikorski.
«Cela signifie que, d'une économie de la taille du Texas, Poutine devra extraire encore davantage de fonds pour la défense. Pourvu que cela se solde par un résultat similaire pour le régime (russe), mais en plus rapide», a-t-il ajouté.
Craignant la menace de la Russie voisine, la Pologne a depuis plusieurs années modernisé rapidement son armée, avec une série de contrats d'armement, principalement avec les États-Unis et la Corée du Sud.
Varsovie a déjà alloué 4,7 % de son PIB aux dépenses militaires cette année, et l'an prochain, elle vise à les augmenter encore davantage.
Selon le chef de la diplomatie polonaise, «le président Trump comprend déjà que c'est la Russie qui ne veut pas mettre fin à la guerre».
«Cela reflète un manque de respect de la part de Vladimir Poutine envers les initiatives pacifiques du président Trump», a-t-il dit.
Le chef de la diplomatie a salué particulièrement l'effort de l'Allemagne en vue de renforcer son armée.
Voisine de la Pologne, l'Allemagne prévoit une montée en puissance continue de son effort de défense pour atteindre 3,5% du PIB en 2029, et y ajoutera une enveloppe de dépenses liées à la sécurité, au sens large, le chancelier Friedrich Merz s'étant engagé en mai à faire de l'Allemagne «l'armée conventionnelle la plus puissante d'Europe».
«Nous sommes de bons alliés et nous devons construire un type de force qui ne fera peur à personne, mais qui dissuadera Poutine», a déclaré M. Sikorski.
Et d'ajouter qu'il voyait «le besoin de contrer la menace des missiles russes venant de l'exclave de Kaliningrad comme un défi urgent pour les relations entre la Pologne et l'Allemagne».
Le territoire russe fortement militarisé de Kaliningrad, séparé du reste de la Russie, est enclavé entre la Pologne et la Lituanie, et bordé par la mer Baltique.
Par ailleurs, M. Sikorski a évoqué les initiatives prises par les trois pays baltes, la Finlande et la Pologne, en vue de sortir de la convention d'Ottawa sur les mines antipersonnelles.
«Nous y avons adhéré à un moment où notre principal allié, les États-Unis, nous disait de rester sereins, que les guerres territoriales (...) n'auraient plus lieu en Europe. Or il s'est avéré que la Russie a bien attaqué l'Ukraine», a-t-il souligné.
Aussi la sortie de la convention, à laquelle la Russie n'est pas partie, est pour les pays de la région «une des façons de montrer que nous prenons notre défense au sérieux».