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epa12954643 Des étudiants et des proches de prisonniers politiques brandissent des pancartes lors d'une manifestation à Caracas, au Venezuela, le 13 mai 2026. EPA/RONALD PENA R
KEYSTONE
Des étudiants et des proches ont bloqué mercredi la principale autoroute de Caracas, a constaté une journaliste de l'AFP. Ils ont ainsi protesté contre le maintien en détention de prisonniers politiques et contre les «disparitions forcées», au nombre de 50 selon eux.
Cette protestation intervient trois mois après la promulgation sous pression de Washington d'une loi d'amnistie par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui a succédé à Nicolas Maduro après sa capture par l'armée américaine.
«Nous sommes extrêmement préoccupés par ce qui peut être en train de se passer avec les personnes victimes de disparitions forcées», a déclaré à l'AFP Diego Casanova, membre du Comité pour la liberté des prisonniers politiques (Clippve).
Selon lui, le nombre de disparus au Venezuela «tourne autour de 50 personnes». «On a des informations sur certains, et pour d'autres, les familles ont refusé de rendre publiques ces informations», a-t-il ajouté.
Les manifestants ont couru jusqu'à l'autoroute qui traverse la capitale, escortés par des agents de police qui se sont alignés autour du groupe en se protégeant avec des boucliers.
Les manifestations ont rappelé le sort de Victor Hugo Quero Navas, un commerçant de 51 ans arrêté en janvier 2025 et dont les autorités n'ont reconnu le décès en juillet 2025 que la semaine dernière, alors que la famille a réclamé des nouvelles pendant 16 mois. «Il meurt sous la garde du régime», pouvait-on lire sur des affiches avec sa photographie.
M. Quero Navas est l'un des 20 prisonniers politiques morts sous la garde des autorités depuis 2014, selon l'ONG Foro Penal.
«Ni un, ni deux, qu'ils soient tous libérés!», «Delcy, libère-les, leur famille les attend», ont notamment scandé les manifestants.
«Ce qui est arrivé à Victor Quero n'est pas fortuit (...). On refuse tous leurs droits à ces personnes disparues, on les maintient au secret, on les isole, on leur refuse des soins médicaux; le résultat de cette injustice, c'est que beaucoup finissent par mourir sous la garde des autorités», a affirmé M. Casanova.
Zoraida Gonzalez, retraitée de 64 ans, a défilé avec les photographies de son fils José Miguel Estrada et de sa belle-fille Yanin Pernia Coronel, détenus en 2018, accusés d'avoir participé à un complot contre Maduro.
«Delcy a la clé, elle doit ouvrir les grilles» des prisons, a-t-elle crié en larmes, en dénonçant le fait que ses proches se sont vu refuser l'amnistie et ont été soumis à de multiples tortures.
Selon le gouvernement, 8600 personnes ont bénéficié de la loi d'amnistie. La majorité d'entre elles étaient en liberté conditionnelle et leurs dossiers ont été clos grâce à l'amnistie.
Foro Penal indique qu'entre janvier et fin avril, 768 prisonniers politiques ont été libérés au Venezuela, dont 186 grâce à l'amnistie.