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Le député Tomas Guanipa s'exprime lors d'une conférence de presse à Maracaibo, au Venezuela, le 23 décembre 2025: il affirme que les prisons vénézuéliennes détiennent des personnes qui n'ont commis aucun crime et qui ont été arrêtées pour avoir exprimé leur désaccord. EPA/Henry Chirinos
KEYSTONE
Au moins 99 personnes emprisonnées après la présidentielle vénézuélienne de 2024 contestée par l'opposition ont été libérées, ont annoncé vendredi les autorités du pays. Quelque 2400 personnes avaient été arrêtées au total après la proclamation de la victoire de Nicolás Maduro pour un troisième mandat.
Selon ses opposants, le scrutin avait été entaché de fraude.
«Le gouvernement national et le système judiciaire ont pris la décision d'évaluer chaque cas et d'accorder, conformément à la loi, des mesures conservatoires, qui ont permis la libération de 99 citoyens», a indiqué le ministère des services pénitentiaires dans un communiqué.
Selon le gouvernement vénézuélien, ces personnes avaient été emprisonnées «pour leur participation aux actes de violence et d'incitation à la haine après les élections du 28 juillet 2024».
Parmi les prisonniers libérés figure Marggie Orozco, médecin de 65 ans condamnée à 30 ans de prison pour «trahison de la patrie, incitation à la haine et conspiration» après avoir critiqué le dirigeant dans un message vocal, a indiqué à l'AFP l'ONG Justicia, Encuentro y Perdón.
Sur les 2400 personnes arrêtées et qualifiées de «terroristes» par le chef de l'Etat lui-même, plus de 2000 ont depuis lors été relâchées, selon les chiffres officiels.
La plus récente vague de libération a débuté le jour de Noël, selon le comité pour la liberté des prisonniers politiques (CLIPPVE), qui avait fait état de 60 prisonniers libérés.
«Nous célébrons la libération de plus de 60 Vénézuéliens qui n'auraient jamais dû être détenus arbitrairement», a déclaré jeudi à l'AFP Andreína Baduel, la dirigeante du Clippve.
«Mais ils ne sont pas totalement libres, nous continuerons à oeuvrer pour leur liberté totale et celle de tous les prisonniers politiques», a-t-elle ajouté, précisant que ces personnes sont placées en liberté conditionnelle, avec l'obligation de se présenter régulièrement devant les tribunaux.
L'AFP a sollicité des précisions à ce sujet auprès du ministère public mais n'a pas encore reçu de réponse.
«Nous devons nous rappeler qu'il y a plus de 1000 familles avec des prisonniers politiques», a ajouté Mme Baduel, fille d'un collaborateur de l'ancien président Hugo Chávez (1999-2013), le général Raúl Isaías Baduel, mort en prison en 2021.
Le frère de Mme Baduel, Josnars Adolfo Baduel, est lui aussi détenu depuis cinq ans pour terrorisme «dans des conditions inhumaines et dans un état de santé délicat en raison des séquelles de la torture», a-t-elle encore ajouté.