Le Musée national explore l'histoire de l'émigration suisse

falu, ats

5.1.2022 - 16:52

La misère a poussé de nombreux Suisses à quitter leur pays jusqu'au début du XXe siècle pour se rendre notamment en France, au Brésil ou aux Etats-Unis. Le Musée national suisse explore le quotidien de ces émigrés dans une exposition qui s'ouvre vendredi à Zurich.

Une infirmière cambodgienne pose pour une photo lors d'une cérémonie en l'honneur du décès du docteur suisse Beat Richner à l'hôpital Kantha Bopha de Phnom Penh, Cambodge, 11 septembre 2018. Beat Richner a été l'un des fondateurs des hôpitaux pour enfants Kantha Bopha au Cambodge.
Une infirmière cambodgienne pose devant une photo lors d'une cérémonie en l'honneur du docteur suisse Beat Richner à l'hôpital Kantha Bopha de Phnom Penh, Cambodge, le 11 septembre 2018. Beat Richner a été l'un des fondateurs des hôpitaux pour enfants Kantha Bopha au Cambodge.
KEYSTONE

falu, ats

5.1.2022 - 16:52

Les communes ont souvent joué un rôle dans cette émigration. Il n'était pas rare qu'elles poussent leurs habitants à l'exil et même qu'elles prennent en charge les frais du voyage. Cela revenait toujours moins cher aux caisses de la commune que de subvenir aux besoins de familles miséreuses, indique mercredi le Musée national dans un communiqué.

Cependant, bon nombre d'émigrés ne réalisèrent pas leur rêve de réussite. Ils menèrent dans leur nouvelle patrie une existence misérable, encore assombrie par le mal du pays.

D'autres ont connu une ascension fulgurante. C'est par exemple le cas de la famille juive Guggenheim qui émigra aux Etats-Unis au XIXe siècle, fit fortune dans le négoce et devint l'une des familles les plus riches du pays. Les frères Samuel et Johann Berger, eux, émigrèrent en Russie en 1874, où ils devinrent de riches producteurs de fromage.

Soif d'aventure

Il n'y avait cependant pas que les pauvres qui quittaient la Suisse. La soif d'aventure et le besoin croissant d'acquérir une expertise ont également poussé de nombreuses personnes à quitter le pays.

Ainsi, la Fribourgeoise Adèle d'Affry émigra à Paris après la mort de son mari. Elle y devint une artiste et sculptrice célèbre sous le pseudonyme masculin de «Marcello». Sous le Second Empire, son atelier était très prisé de la haute société parisienne.

Plus récemment, le médecin zurichois Beat Richner a fondé, à partir des années 1990, plusieurs hôpitaux pour enfants au Cambodge, afin de permettre aux plus pauvres d'accéder gratuitement aux soins.

Aujourd'hui, la «cinquième Suisse» compte environ 800'000 ressortissants. Plus de 60% d'entre eux vivent en Europe.

L'exposition dure jusqu'au 24 avril 2022.

falu, ats