La guerre s'invite à Venise Tensions diplomatiques autour de la Biennale d’art

ATS

30.4.2026 - 10:40

Avant l’ouverture de la 61e Biennale d’art de Venise, prévue du 9 mai au 22 novembre, des appels à l’exclusion de pavillons nationaux se sont multipliés. L’événement, l’un des plus importants au monde, est marqué par des tensions géopolitiques croissantes autour des présences israélienne, russe et américaine.

L’événement, l’un des plus importants au monde, est marqué par des tensions géopolitiques croissantes autour des présences israélienne, russe et américaine.
L’événement, l’un des plus importants au monde, est marqué par des tensions géopolitiques croissantes autour des présences israélienne, russe et américaine.
IMAGO/Manfred Segerer

Keystone-SDA

Plusieurs lettres ouvertes demandent la fermeture de certains pavillons, dénonçant notamment la participation d’Israël et le retour annoncé de la Russie. L’Union européenne menace même de retirer ses financements si la présence russe est maintenue. La direction de la Biennale, dirigée par Pietrangelo Buttafuoco, n’a pour l’heure pas cédé à ces pressions.

Les pavillons nationaux, spécificité historique de la manifestation, transforment régulièrement la Biennale en terrain de confrontation diplomatique. Une lettre signée par plus de 9400 personnes évoque ainsi «la banalisation des crimes de guerre par le biais de l’art», tandis qu’une autre pétition demande également l’exclusion des États-Unis.

Les critiques s’inscrivent dans un contexte plus large de contestation de la programmation. Les signataires rappellent notamment la vision de la commissaire Koyo Kouoh, disparue en mai 2025, et son appel à une «solidarité radicale» face aux violences contemporaines.

Le pavillon russe prévoit ainsi une exposition de groupe intitulée «The Tree Is Rooted in the Sky», comprenant 38 artistes et musiciens. Sa réapparition est perçue par certains comme une rupture avec les engagements pris en 2022 par l’institution en réaction à la guerre en Ukraine.

La récente décision du jury d’exclure les artistes d’Israël et de Russie de la compétition pour les Lions d’or et d’argent ne semble pas suffire à calmer les esprits. Les critiques y voient une instrumentalisation politique de l’un des événements artistiques les plus importants au monde.