Pandémie

Changements discrets au sein de l'équipe de la task force Covid-19

cz, ats

22.1.2021 - 13:42

Au cours des dernières semaines, des changements importants ont eu lieu au sein du groupe de travail scientifique du Conseil fédéral. 

Le président de la task force Covid-19 de la Confédération, Martin Ackermann, est convaincu que la stratégie de la Suisse contre le coronavirus est bonne (archives).
Le président de la task force Covid-19 de la Confédération, Martin Ackermann. (archives).
KEYSTONE/ANTHONY ANEX

Ces évolutions sont restées largement inaperçues du public. Le prochain changement concerne l'équipe de direction: l'économiste de l'EPFZ Jan-Egbert Sturm remplacera l'économiste de Saint-Gall Monika Bütler à la fin du mois.

Actuellement, une septantaine d'experts composent le groupe de travail Covid-19 du Conseil fédéral. Ces scientifiques reconnus fournissent un travail «extraordinaire» depuis des mois, indique le président de la task force Martin Ackermann à Keystone-ATS.

«La task force indépendante se concentre sur la lutte contre la pandémie et ne veut pas se retrouver au centre de l'attention en tant qu'organisme», explique-t-il. Raison pour laquelle les changements en son sein ne sont pas annoncés activement.

L'équipe de direction, dirigée par Martin Ackermann (microbiologiste, EPF Zurich), compte quatre membres, dont Manuel E. Battegay (scientifique biomédical, Université de Bâle), Samia Hurst-Majno (bioéthicienne, Université de Genève) et, jusqu'à récemment, Monika Bütler (économiste, Université de Saint-Gall).

Zéro rémunération

Mme Bütler se retire à la fin du mois, a-t-elle annoncé sur Twitter, disant qu'elle a pris cette décision pour des raisons personnelles. Sa place sera occupée par Jan-Egbert Sturm du Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l'ETH Zurich.

Depuis la création de la task-force en mars 2020, il y a eu une douzaine de démissions, indique le chef de la task-force, à l'agence de presse Keystone-ATS. Malgré ces changements, les domaines spécialisés les plus importants ont toujours été couverts et la continuité a été assurée, précise-t-il.

Les membres de la task force ne reçoivent ni rémunération ni compensation pour leur travail. Ils l'effectuent en plus de leurs activités professionnelles habituelles.

M. Ackermann souligne que les membres fournissent un travail extraordinaire pour la Suisse et la lutte contre la pandémie. Il n'est donc pas surprenant qu'au bout de quelques mois certains quittent l'organisation pour se consacrer pleinement à leurs propres projets de recherche.

Une foule d'experts

La présidence de la task force est actuellement un emploi à temps plein, explique M. Ackermann. Les autres membres du groupe d'experts consacrent également plusieurs heures ou jours par semaine à la consolidation des résultats de la recherche, à la préparation des communications de la task force ("policy briefs") ou aux analyses de situation.

La question de savoir si le groupe de travail doit ou non compter autant de membres n'est pas sans controverse. Selon M. Ackermann, la complexité de la situation générée par la pandémie, présentant de nombreux aspects différents, est un argument en faveur d'un organe aussi important.

Inversement, selon lui, la taille de la task force rend parfois «un peu plus difficile et long l'obtention d'un consensus». Il cite en exemple l'interprétation de certains points ou de formulations. Un processus parfaitement sensé d'un point de vue scientifique souligne-t-il.

Un tiers de femmes

Environ un tiers des membres du groupe de travail sont des femmes. Une proportion que l'on retrouve parmi les filières des EPF. Selon la porte-parole des EPF Franziska Schmid, la proportion de femmes dans les différentes EPF (Zurich, Lausanne et instituts affiliés) est également de 32 %.

Le fait d'être membre de la task force ne signifie pas un «adoubement» pour les scientifiques. Les chercheurs de la task force sont déjà des experts reconnus dans leur domaine et il existe de nombreux chercheurs exceptionnels en Suisse qui ne sont pas membres de la task force, souligne M. Ackermann.

«Ceux qui participent à la taskforce tirent beaucoup de profit de la collaboration très constructive et interdisciplinaire, ce qui n'est pas toujours évident dans l'environnement hautement compétitif de la science», déclare-t-il.

Les membres individuels gagnent selon lui en visibilité grâce au grand intérêt de la population et des médias. Le revers de la médaille est alors la charge élevée de travail et la pression du public.

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